Seule
la ville de Montréal
communique largement sur ses activités autour de la journée
internationale du créole. Le net aura permis à
beaucoup de chercheurs, passionnés, collecteurs et locuteurs
de créole de se connaître, se parler, se rencontrer.
Les bonnes volontés des autres régions proposent
elles aussi des activités mais qui ne rayonnent que localement
pour une langue bien internationale et qui a servi de médiateur
pour bien des sociétés, en premier les sociétés
plantationnaires, les chercheurs d’or de Guyane ou encore
les Guadeloupéens qui partent au World
Creole Music festival à la Dominique sans parler
un mot d’anglais.
A
Trinidad, certains parlent créole car il y a eu à
un moment une présence française, comme à
Sainte-Lucie. Paramine à Trinidad sur les hauteurs de
Port of Spain est encore un lieu où l'on parle créole.
Ils ont les mêmes légendes duenne (maskili ou timons),
ladyablès, soukougnan.
Le
festival de contes Kamalakuli mato en Guyane a impulsé
une certaine dynamique autour du conte. De plus en plus d'initiatives
se montent autour de cette pratique, tradition orale adaptée
aux réalités d'aujourd'hui. Ainsi, la deuxième
édition de la nuit du conte se tiendra le 5 novembre
à Mana. Près de 17 conteurs de Guyane et deux
conteurs de Guadeloupe et Martinique. En Guadeloupe, Pran
ti ban-la sizé renouvelle sa nuit du conte (voir
coconews.com)
tandis que les éditions Lafontaine en Martinique lance
un concours de contes (télécharger
le formulaire). Et le conte fait aussi son chemin avec le
Festival interculturel du Conte du Québec et sa Grande
Nuit du Conte le 21 octobre.
Le mois d'octobre est donc le mois du créole avec son
apothéose le 28, journée internationale du créole,
mais c'est aussi un mois bien chargé en événements
culturels. Nous avons donc eu du mal à boucler cette
lettre, les annonces nous arrivant les unes après les
autres. Nous faisons donc une exception pour essayer de parler
de vous tous, dans une dynamique des cultures créoles.
Il est vrai aussi que Lire
en fête, du 14 au 16 octobre, nous a enthousiasmé
et mobilisé ces derniers jours. Avec près de 4000
manifestations en France et dans cent pays pour mettre le livre
à la portée de tous, cet événement
réussit son affaire. Nous avons vu des nouveaux venus
résistants aux vendeurs de produits culturels pas toujours
nourrissants pour la santé intellectuelle, se pencher
sur des livres, assister à des tables rondes, écouter
des écrivains dans leur envie de partage ou de jeu narcissique.
Un bel espoir pour la non capitulation devant les industries
culturelles de masse et pour la diversité culturelle
! Adelante !
Artiste
du mois : Sully Andoche, conteur - Ile de la Réunion
Le
mois d'octobre à la Réunion est rythmé
par deux festivals de contes, celui de Joinville et l'autre
itinérant initié par les bibliothèques
(cf. Itinérance plus bas).
A cette occasion, voici le portrait d'un conteur que nous apprécions
et avions rencontré en Guyane lors de Kamalakuli mato
2005.
C’est dans le quartier de Saint-Jacques à Saint-Denis
de la Réunion que Sully Andoche a koupé son
zonbri(1) et passera toute son enfance.
Nous sommes dans les années 60. La modernité est
encore timide et la rue appartient aux enfants. Dans une ambiance
bruyante, grouillante même, les cris, les jeux, les disputes
sur fond de moukataz(2), font partie du
quotidien.
Le soir venu, sous le lampadaire de la rue Sainte Marie, on
se raconte des histoires. Celles qui font peur sont les préférées.
Afin de convaincre son auditoire d’un soir, on rajoute
un détail fantastique à l’histoire de la
veille qui avait connu un succès pour le moins mitigé.
Raconter devient un défi, improviser en racontant, une
nécessité quasi vitale si le rakontèr
ne veut pas mourir aux yeux des autres.
Il n’a pas connu de conteurs patentés, plutôt
présents dans les veillées mortuaires (interdites
aux faibles tempéraments d’enfants). Juste le souvenir
d’un Grandyab la fès an or raconté
en boucle par Pépé Apollon son grand-père.
Mais Sully a surtout dévoré des oreilles et des
yeux les zistwar fé pèr de cimetières
et d’invisibles. De dévinèr(3)
aussi ; ceux qui transforment à l’envi les
feuilles d’arbre (celui du jacquier donne les meilleurs
résultats) en billets craquants de 1000 francs CFA. Je
le jure devant la lumière qui m’éclaire
et que Dieu m’écrase en poussière si ma
langue ramasse des mensonges et comment peux-tu contester une
parole de granmoun(4) ?
Toute histoire est parole et toute parole est vraie puisque
c’est la bouche que Dieu a donnée qui l’a
prononcée. Vraie comme l’histoire de cette nuit
là où mémé Frédéa
a vu son voisin (homme de loi, s’il vous plaît !)
se transformer en chat pour s’introduire dans la maison
de l’autre voisin pour faire des choses que diable seul
sait. Comment est-il entré ? Mais par la serrure voyons
!
Dans les années 80, Sully donne de la voix avec ses dalon(5)
du groupe Ziskakan pour que la culture et la langue créoles
soient reconnues. Les coupures de courant sont nombreuses et
le matériel usagé n’en est pas vraiment
la cause. Les censeurs du pas culturellement correct débranchent
tout ce qui dépasse. Dans la pénombre, on envoie
Sully au devant de la scène pour faire patienter. Tant
qu’à faire, il raconte. Plus tard il contera, même
quand le courant politique aura changé. Il contera dans
les écoles, les kermesses, les kabar(6)…
partout où la parole aura une oreille pour miroir.
Urgence de dire, urgence de rapporter, urgence de transmettre.
Le conte, au même titre que le maloya il y a quelques
années, mérite qu’on lui restitue la place
qui est la sienne dans la culture réunionnaise. En passionné
qu’il est, Sully, comme d’autres conteurs, s’y
emploie tout modestement.
Christelle PATINON
(1) est né - (2) moqueries - (3) sorcier ; devin
- (4) adulte - (5) camarades - (6) concerts
Ecoutez l’introduction de ses contes :
- version
1 (sur scène au festival Kamalakuli Mato 2005 - mp3,
745 Ko)
- version
2 (interview sur la Place des Palmistes, Cayenne, 2005 -
mp3, 800 Ko)
Plus d'infos sur l'artiste >>
Revue
de presse
Bon
anniversaire à RFI
kréyòl qui fête ses 15 ans
et diffuse son magazine radio hebdomadaire dans de nombreux
pays en ondes courtes ou moyennes et sur le net.
Le 15ème sommet ibéro-américain
dénonce le blocus des Etats-Unis contre Cuba. Pour la
première fois, l’Espagne, le Portugal et l’Amérique
latine prennent position contre l’embargo. (voir www.lemonde.fr
ou www.humanite.presse.fr
ou l’organe de presse cubain www.granma.cu)
Le cyclone Stan n’a pas épargné
l’Amérique centrale. Le Salvador est le plus touché.
Voir le journal suisse www.letemps.ch
ou http://es.wikinews.org.
Tandis que Cuba, la péninsule du Yucatan et la Floride
se préparent pour Wilma, le plus puissant
cyclone jamais répertorié dans l'Atlantique. A
suivre sur weathercarib.com
ou stormcarib.com.
Des émigrants africains jetés dans le
désert sans eau, ni nourriture.
La semaine du 4 octobre, les autorités marocaines refoulaient
l'assaut de milliers de candidats au départ, qui tentaient
de forcer la barrière militarisée de Melilla,
enclave espagnole au nord du Maroc. Ceux qui n'ont pas pu passer
ont été littéralement jetés dans
le désert sans eau, ni nourriture.
"[...] Mis bout à bout, leurs récits composent
une carte extraordinairement vivante de l'Afrique en mouvement.
Les anciennes routes empruntées naguère par les
marchands d'esclaves ressurgissent et s'animent, dopées
par l'énergie de sans-papiers en quête de lendemains
qui chantent [...]" Les clandestins bourlingueurs
de Jean-Pierre Tuquoi, Le
Monde du 13/10/2005.
Haïti
/ République Dominicaine
"Haitian children sold as cheap labourers and prostitutes
for little more than £50. Dominican Republic accused of
turning a blind eye to thriving trade in youngsters."
Gary Younge in Santo Domingo. Thursday September 22, 2005
- The Guardian,
Londres.
L'avant-projet de convention
sur la protection et la promotion de la diversité des
expressions culturelles adopté,
en commission, à la
33ème session de la Conférence générale
de l'Unesco (du 3 au 21 octobre 2005) :
"Les éléphants et les aigles ont pu dialoguer
avec les souris." C'est par cette étonnante métaphore
que le représentant de la Jamaïque à l'Organisation
des Nations unies pour l'éducation, la science et la
culture (Unesco) a salué, avant d'entonner une chanson
de Bob Marley, la qualité des travaux qui ont permis,
lundi 17 octobre, à Paris, l'adoption, en commission,
du projet de convention sur la protection et la promotion de
la diversité culturelle. Pourtant, si les Etats-Unis
peuvent aisément être comparés à
un éléphant dans le domaine de la culture, 85
% des tickets de cinéma vendus dans le monde profitent
à un film hollywoodien, c'est peu dire que ce nouveau
texte a été voté contre leur avis."
Le Monde
du 18/10/05.
Centré sur les expressions culturelles, cet avant-projet
largement consensuel (car finalement peu contraignant pour les
Etats qui peuvent y lire ce qu'ils veulent...) porte principalement
sur les rapports entre les produits culturels et le commerce
international libéralisé. Il vise 4 principes
fondamentaux : la protection et la promotion de la diversité
des expressions culturelles, la reconnaissance de la "nature
spécifique des biens et services culturels", la
réaffirmation du droit souverain des Etats à mettre
en place des politiques culturelles et l'encouragement d'une
plus grande coopération et d'une plus grande solidarité
avec les pays en développement.
Si ce vote en commission est une victoire certaine pour les
partisans d'un droit international culturel, il faut encore
que cette convention soit ratifiée définitivement
et surtout qu'elle prouve son efficacité face aux autres
instruments internationaux, en particulier ceux, plus normatifs
et contraignants, de l'OMC.
En savoir plus sur le
site de l'Unesco mais aussi le
site du gouvernement du Québec qui se veut leader
de la diversité culturelle. Les
Français revendiquent, eux, la paternité de
l'introduction du concept dans les débats internationaux.
Il existe, en France, de nombreuses associations et organisations
professionnelles qui militent activement en faveur de l’adoption
par l’Unesco d’une convention internationale sur
la diversité culturelle. Elles sont regroupées
au sein de la
Coalition française pour la diversité culturelle.
18 autres Coalitions pour la diversité culturelle se
sont constituées à travers le monde et toutes
sont réunies au sein du Comité International de
Liaison des Coalitions pour la diversité culturelle (CIL).
Bonnes
nouvelles
L’association
Gaïac en Guadeloupe a reçu la "mention
d'honneur du jury catégorie patrimoine architectural"
dans le cadre des Journées européennes du patrimoine,
prix carrefour 2004.
« Au bout de quatre ans d'acharnement, un peu de reconnaissance...
On tente de sauver une caféière en bois typique,
l'habitation Saint-Léon d'une zone rurale en Côte-sous-le-Vent,
une des constructions locales traditionnelles à Pointe-Noire
dans les hauteurs après avoir acheté du bois local
à l'ONF semblable au bois de l'habitation.
Les arbres abattus ont été tous replantés
par les enfants pour la sauvegarde du patrimoine forestier.
On a tenté de proposer une formation en chantier école
afin de qualifier les jeunes aux métiers traditionnels,
en déconstruisant la caféière et en la
reconstruisant à l'identique par des jeunes qui pourraient
ainsi sauver d'autres maisons.
Il n'y a que la DRAC qui a reconnu ce travail et le palmarès
nous met en tête de toutes les associations (1800 à
peu près en France et DOM). Nous remercions donc les
services de la DRAC à ce propos pour leur soutien dans
cette action et tous ceux qui ont participé aux journées
de protection . A une voix près on avait le premier prix
et on aurait eu un peu de sous pour commencer ».
Marie Christine PECHENART
Le CMAC, scène nationale de Martinique,
communique sur sa saison 2005/2006 avec déjà de
nombreux partenariats avec L'Artchipel, scène nationale
de Guadeloupe. Voir leur site www.cmac.asso.fr
Départ
Aprè
roun tan a rounòt
Franck Compper décide de ne plus organiser Kamalakuli
Mato, festival international de contes de Saint-Laurent
du Maroni et ainsi consacrer plus de temps et d'énergie
à ses pratiques de conteur, à la collecte de contes
et aux ateliers de contes organisés pendant les vacances
scolaires en Guyane. Un travail qui s'inscrit dans la durée
et non plus dans le "seul événementiel",
précise t-il. Ce festival aura tout de même, à
notre avis, impulsé un certain renouveau du conte dans
la Caraïbe et aura ainsi porté ses fruits. Maintenant
que le mouvement est lancé, Krakémantò,
l'association qui porte le festival, souhaite passer le relais.
Merci pour ces quelques années à Franck et ses
partenaires. Le festival pourra être cédé
à des municipalités ou régions dans le
cadre de leur politique culturelle. Alors comme il le dit lui
même : kontinwé KRAKÉ MANTÒ...
Actualités du réseau GDC
Musique
- Soft, le 21 octobre 2005 à L'Artchipel
- Guadeloupe
La scène nationale qui a ouvert à guichets fermés
sa saison avec le groupe Soft, le reprogramme déjà
le 21 octobre : « Passionnés de jazz et de musiques
traditionnelles guadeloupéennes, ces quatre jeunes musiciens
accordent avec goût et subtilité leurs instruments.
Ils inventent un rythme neuf, des sonorités inédites
sur des arrangements et compositions modernes mais résolument
créoles…» L’Artchipel. Plus
d'infos en page Actus >>
Conte - Itinérance,
des conteurs à la rencontre des bibliothèques
communales et associatives de l'île de la Réunion
- dans le cadre de Lire en Fête - Île
de la Réunion
Suzy Ronel, conteuse guadeloupéenne, conte et chante
la Caraïbe de ses origines, ses rencontres, les hommes,
les femmes, la vie, la mort, les rites animistes... Dans le
cadre de Itinérances, manifestation proposée
par la Bibliothèque Départementale de Prêt
de Saint-Denis et le Conseil général.
Vagabonderies en mer Caraïbe - spectacle tout
public à partir de 6 ans :
- Bibliothèque de Trois-Bassins : jeudi 20 octobre, 15h
- Rens. : 02 62 54 79 36
- Bibliothèque de Petite-Ile : vendredi 21 octobre, 15h
- Rens. : 02 62 56 82 70
- Bibliothèque de La Plaine des Palmistes : samedi 22
octobre, 15h - Rens. : 02 62 51 48 24. Plus
d'infos >>
Conte
- Karbé-kont-atelier – du lundi
24 au samedi 29 octobre 2005, Krakémantò –
Guyane
Pour les vacances de la Toussaint , Krakémantò
organise son premier atelier contes pour les enfants de 8 à
13 ans. Animé par Manfeï Obin, ce stage a pour objectif
de développer son imaginaire et savoir restituer une
histoire oralement : préparation au monde de l'oralité
par le conte, enseignement aux arts de la parole, mise en pratique
et spectacle. Plus
d’infos en page Actus >>
Expo
- Le Laboratoire d'art génétique d'Elodie
Barthélemy - du 21 au 30 octobre 2005 au Salon
d'Automne - Paris. Plus
d'infos en pages Actus >>
Voir aussi le site du Collectif
2004 Images et notre galerie
d'Art Visuel (rubrique Créateurs).
Danse - Festival CARAÏP’-HOP - 28
et 29 octobre à 19h30, CMAC – Martinique
Le Festival Caraïp’-hop regroupe toutes les disciplines
de la culture Hip-Hop à travers des expositions, de la
danse (stages, shows et battles), des concerts et défilé
de mode...
Pour cette 4ème édition, l'association Version
Hip-Hop mettra l’accent sur la Caraïbe et sur d’autres
pays où la reconnaissance de la culture Hip-Hop comme
modèle de positivité est reconnue et valorisée.
Plus d'infos
>>
Photo - Eloges et préjudices de Nathalie
Audibert – jusqu'au 5 novembre 2005, galerie
JM'Arts - Paris
Prolongation de l'exposition Eloges et préjudices.
Sont présentées les séries photographiques
de Nathalie Audibert jusqu’au 5 novembre 2005. Plus
d’infos en page Actus >>
Cinéma
- Projection du documentaire Des Hommes et des Dieux
Dans le cadre du Mois du film documentaire, "Des Hommes
et des Dieux", documentaire de Anne Lescot et Laurence
Magloire, est projeté
le 5 novembre 2005 à la Médiathèque
d'Evry. Rens. : Elise Allanou au 01 69 91 59 77.
Le documentaire sera aussi projeté
le 9 novembre 2005 à la Scène
Nationale du Parvis à Tarbes. Rens. : Marie
Gayzard au 05 62 90 60 31.
Les
projections seront suivies d'une rencontre avec Anne Lescot.
Plus d'infos sur www.collectif2004images.org.
Formation Amsec - du 14 au 18 novembre 2005 - Martinique
La prochaine formation à l’Amsec aura lieu du 14
au 18 novembre 2005 avec pour thème : montage &
diffusion d'une production. Plus
d’infos >>
Musique
- Flamme en Noir avec Emilie Benoît -
les 18 et 19 novembre 2005, 20h30, musée Dapper - Paris
"Une atmosphère très particulière
où les sons, les mots et les gestes emmènent les
spectateurs ailleurs, vers le rêve. Influencée
par le classique et le jazz, cette musique du monde aux pointes
baroques est portée par ses rythmes créoles [...]".
: 5 invitations pour 2 personnes pour les adhérents
de GDC. Plus
d'infos en page Actus >>
Mois
du film documentaire à la Médiathèque du
Gosier, novembre 2005 - Guadeloupe
Sont prévues trois projections par semaine (mercredi,
vendredi, samedi) selon trois thèmes : Cinéma
des Amériques vu par des réalisateurs guadeloupéens,
Politique des Amériques (Luther King, Che Gevara, Chavez)
et Les peuples (Inuites, Indiens d'Amériques).
Plus
d'infos >>
Théâtre
– Appel aux auteurs pour Textes
en Paroles 2006
L'association Textes en Paroles qui travaille à
la promotion de l'écriture théâtrale caribéenne,
lance un appel aux auteurs afin de découvrir des textes
dramatiques inédits ainsi que leurs auteurs lors de la
4ème édition de « Textes en Paroles ».
Date limite de dépôt des textes : 31 janvier 2006.
Plus
d'infos en page Actus >>
Expo
- Brésil, héritage africain
- du 22 septembre 2005 au 26 mars 2006, musée Dapper
- Paris.
L’exposition et l’ouvrage qui lui est associé
visent à rendre manifeste la parenté entre arts
de l’Afrique et productions afro-brésiliennes,
sans sous-estimer l’influence de la religion chrétienne
sur ces dernières... Plus
d'infos >>
Agenda
Spectacle
chorégraphique - Kor, Maison du Vent -
du 7 au 30 octobre 2005 et du 4 au 9 novembre 2005 - Île
de la Réunion
« Asphyxiés par la mémoire des terreurs
du monde inscrite dans leur chair, des réfugiés,
des exilés, des déplacés, enfants de la
Terre et de la guerre, cherchent le chemin d’un nouveau
souffle… Un passage au cœur du chaos qui les relie
au monde, à l’autre ». Fiction organique,
ce spectacle créé par le Théâtre
Talipot met en scène une chorégraphie du vivant
associée aux nouvelles technologies scéniques
(image vidéo, son et lumière). Plus
d’infos en pages Actus >>
Conférence - Débat : la drépanocytose
- samedi 22 octobre 2005 - Créteil.
La maladie génétique du sang probablement la plus
répandue au monde, frappant cruellement au cœur
des familles d’Afrique subsaharienne et de la Caraïbe.
Organisé par les associations SOS
Globi et l'ACRAG, de
10h à 18h, à la Maison de quartier du port (face
à la passerelle Matero) - 94000 Créteil. Rens.
: 01 64 30 93 32.
NTIC
- 2ème Université de la Communication de l’Amazonie
- du 25 au 28 octobre 2005 - Cayenne
Avec pour thème cette année : "Guyanes numériques
: les clefs du développement".
Contact : Jean-Pierre
Bacot - Délégué Général
de l'UCAM. En savoir plus sur le
site de l'UCAM >>
Musique - Hommage à la chanteuse martiniquaise
Joby Valente, le 29 octobre 2005 - Limeil-Brivannes
(94)
Contact/réservations : 06 60 65 64 35. Plus
d'infos sur le site de l'ACAGA >>
Photo - Pierre Verger au Jeu de Paume, jusqu'au 24
décembre 2005 - Paris
Hôtel de Sully, 62 rue Saint-Antoine, 75004 Paris. Rens.
: 01 47 03 12 50. Plus
d'infos >>
Musique - Trace TV annonce la mise à l'antenne
exclusive de Tropical Sounds
Série inédite de documentaires sur les musiques
actuelles de la Caraïbe et de l'Océan Indien. TRACE
TV a co-produit cette série avec Canal+ Antilles et Canal+
Réunion.
Cette émission sera diffusée tous les mercredis
à 21h, du 2 novembre 2005 au 18 janvier 2006.
Pluridisciplinaire - 3ème
édition du festival des Sens, 5 et 6
novembre 2005 - Martinique
De 16h à 16h non-stop, le festival est organisé
par le Calebasse Café, scène de musiques actuelles
au Marin. Lieu : en plein air sur la plage, face au Calebasse
Café. Plus
d'infos >>
Cinamazonia - du 4 au 9 novembre 2005 - Guyane
Festival de cinéma des mondes métissés,
cet événement accueille une quarantaine de films
et documentaires en provenance du Brésil, du Surinam,
d’Afrique ou des Caraïbes. Cette deuxième
édition a pour thème Haïti dans le cadre
du 200ème anniversaire de son Indépendance avec
pour invité d’honneur, le cinéaste Raoul
Peck. Cinamazonia se déroule sur les trois villes de
Cayenne, Kourou et Saint-Laurent du Maroni. Plus
d’infos >>
Musique - Maraina, premier opéra d'outre-mer
- les 16, 18, 19 novembre 2005 à 20h -
Saint-Denis, théâtre de Champ Fleuri - Île
de la Réunion
Le théâtre Vollard prépare
le premier opéra d'outre-mer Maraina avec notamment
des chanteurs des Antilles : Aurore Ugolin (Guadeloupe) dans
le rôle titre, Josselin Michalon (Martinique)...
Résa ODC : 02 62 41 11 41. Supplémentaire éventuelle
le 20 novembre à 18h. Plus d'infos sur le site www.vollard.com
Prix
Alain Mabanckou est lauréat du Prix RFO du livre 2005
pour Verre Cassé chez Le Seuil. Prix spécial
du jury pour Bicentenaire de Lyonel Trouillot chez
Actes Sud.
On a lu...
A
l'ombre du flamboyant, album CD, collectage :
Chantal Grosléziat, musique : Paul Mindy, illustrations
: Laurent Corvaisier - 60 p. - 23,5 €- Ed. Didier Jeunesse
2004
A l’ombre du flamboyant, un livre, un cd.
Les chants du monde pour enfants s’imposent de plus en
plus dans les collections jeunesse. L'éditeur Didier
Jeunesse propose des ouvrages par communautés linguistiques
et culturelles. Cela donne des ouvrages de qualité, aussi
bien musicale que graphique ou sociologique. Les livrets reprennent
non seulement les chants, mais proposent aussi des textes d’explications
sur les cultures et l’histoire des peuples. C’est
particulièrement le cas pour celui qui concerne la Caraïbe
intitulé A l’ombre du flamboyant dont
la préface est signée Hector Poullet, incontournable
collectionneur de mots créoles depuis nanni nannan(1).
Les chansons qui y sont présentées (et qui, ici,
ne concernent que des îles francophones) sont interprétées
entre autres par Mario Canonge ou Dédé Saint-Prix
et les dessins du livret allient les techniques du découpage
avec des couleurs chaudes et contrastées.
On découvre ainsi la version en créole haïtien
de Frères Jacques dont les tambours font quand
même "ding deng dong"… Les parents retrouvent
la signification ou l’origine du mot créole kalé
ou décalé qui viendrait de "arracher
l’écal", sévice pratiqué à
l’encontre des esclaves. Animaux mystérieux, diables
et personnages aux pouvoirs magiques ou menaçants hantent
des chansons qui racontent la misère antan Wobè
ou Sorin "touléjou sé la farin sèch
/ lanmori woti épi fouyapen / ki mannyé ou lé
mwen vini gwo, si manman-mwen pa ka ban mwen manjé…"(2)
"Zip zap wabap", des chansons à double sens,
aux connotations sexuelles qui appartiennent au répertoire
traditionnel créole côtoient "manman-doudou",
une version en hommage aux manmans contrairement à la
chanson source aux tragiques paroles "lè pitit an-mwen
ka mandé mwen tété / Mwen kalé ba-li
manjé matété"(3). La chanson
devient ainsi "Manman doudou, évè lan mou,
ou rivé fè si nou gran jodijou". (4)
A l’ombre du flamboyant fait partie de la collection
Les petits cousins, publiée après celles
sur les chansons du Maghreb (A l’ombre de l’Olivier),
celles d’Afrique noire (Comptines et berceuses du Baobab),
celles du Brésil et Portugal (Comptines et chansons du
papagaio), et les recueils de comptines espagnoles, allemandes,
anglaises, italiennes.
La maison d’édition se réjouit de voir cette
collection utilisée depuis dix années incitant
les enfants à ressentir très tôt "le
désir d’une autre culture et autre langue par le
jeu des ressemblances et des différences". Une formule
qui fonctionne bien et a poussé Didier Jeunesse
à publier un recueil de contes rassemblant des histoires
du monde entier, du Bénin au Vietnam en passant par Haïti.
(1) depuis extrêmement longtemps
(2) tous les jours, je mange de la farine sans rien / de la
morue rôtie avec du fruit à pain / comment grandir
/ si ma maman ne me donne pas à manger /
(3) quand mon petit me demande le sein, je lui donne du Matété
(plats de riz avec crabes, indigeste pour un nouveau né)
(4) manman doudou, c'est ton amour qui nous a nourri pour faire
de nous des adultes
Plus
d'infos sur www.didierjeunesse.com >>
On
a vu...
Cabaret
Métisse, pièce de la Compagnie Aloé
Théâtre, créée en Guadeloupe en résidence
d'artistes, en représentation à Paris en octobre
2005.
Saviez-vous
que la lumière artificielle cause du tort à la
communauté de lucioles ? A priori, l’information
n’est peut-être pas aussi étonnante mais
lorsqu’elle vous est dévoilée par deux paires
de jambes - et donc quatre pieds très expressifs - la
nouvelle prend une toute autre dimension. Bienvenus au Cabaret
Métisse de Bénédicte Budan, une pièce
de théâtre déjantée, n’ayons
pas peur des mots, qui plonge le spectateur dans un univers
inhabituel.
A partir d’articles de journaux véridiques, Magali
Solignat et Sabine Boukobza passent au crible le monde de l’info
dans une approche peu commune. Construit sous le mode de séquences,
le spectacle offre néanmoins une harmonie qui mérite
d’être soulignée. Est-ce parce que toutes
les scènes ont en commun ce quelque chose de décalé,
un élément, un accessoire ou un détail
loufoque? On ne saurait dire. Dans tous les cas et par chance
pour l’auditoire, la pièce ne tombe pas dans un
assemblage de sketchs dépourvu de toute unité.
Le spectateur, s'il peut être surpris dans un premier
temps, se laisse rapidement prendre au jeu, devient parfois
même complice comme dans l’inimitable séquence
du millionnaire où l’une des comédiennes
descend des planches pour venir s’asseoir à nos
côtés. Encore un peu et on s’y croirait presque.
Une comédie pétillante et qui touche aussi du
doigt la surabondance médiatique. Glouton qu’il
est d’information en tout genre, l’individu frôle
l’intoxication et en arrive finalement à l’indifférence.
Seule sur scène, Sabine Boukobza est là pour nous
le rappeler : flanquée d’un nez de clown, un journal
à la main, elle se contente de lire une succession de
mots qui soudain retrouvent leur impact originel. La scène
fait donc son effet même si à aucun moment dans
cette pièce il n’est question de démagogie.
Le ton est au divertissement et l’on frôle parfois
la parodie (volontairement d’ailleurs) mais qu’importe,
c’est tellement bien fait.
Pour sa mise en scène, Bénédicte Budan
mise sur l’originalité : ambiance de cabaret et
situations improbables servent au mieux le jeu des deux comédiennes
qui investissent leurs personnages d’une énergie
brute : rythme soutenu, performances vocales et même efforts
physiques sont au rendez-vous. Un vrai concentré d’émotions
que Sabine Boukobza et Magali Solignat nous transmettent avec
générosité. Une pièce à voir
pour se dérider la mâchoire à l’approche
de l’hiver !
Anaïs JONES
Prochaines représentations : les 21 et 22 octobre à
20h au Lavoir Moderne Parisien - 35 rue Léon, 75018 Paris
(M° Château Rouge) - Réservations : 01 42 52
09 14 - Tarif unique :12 euros
: 1 invitation pour 2 personnes pour les adhérents
de GDC. Plus
d’infos en page Actus >>
Nouveaux
adhérents et renouvellements
Structures
- La
compagnie Aloé Théâtre, compagnie
théâtrale créée à l’initiative
de la comédienne Magali Solignat - Guadeloupe
Individuels
- Antoine
Guillot, journaliste à France Culture, émission
d’actualités culturelles quotidienne « Tout
arrive ». Ancien administrateur de l’Union des Musiciens
de Jazz, Antoine fut notre trésorier et est toujours
notre soutien le plus fidèle.
- Maria-Mercedes Salgado, designer graphique.
Directrice artistique, infographiste free-lance, Maria-Mercedes
a conçu le logo de Gens de la Caraïbe. Voir www.salgado-design.com
Vie
de l'association/Site Internet
-
L'Assemblée
générale annuelle a été
avancée au 5 novembre 2005.
- Le siège social de Gens de la Caraïbe
- Paris a changé. Veuillez désormais
nous adresser toute correspondance à :
Gens de la Caraïbe
c/o Jocelyn Gizolme
150, Avenue de Verdun
92320 Châtillon
Pour nous joindre par email : info@gensdelacaraibe.org
ou anais@gensdelacaraibe.org
Pour joindre Karole Gizolme : karole@gensdelacaraibe.org
ou +32 2 514 16 31 à Bruxelles
-
Pour recevoir la lettre de GDC, inscrivez-vous
ici >>
Karole
et l’équipe de Gens de la Caraïbe.
Edito avec la complicité de Franck Compper pour le créole
guyanais.
Merci en particulier à Echanges et Synergies, Timalis,
Yann Stéphant, Anne Lescot, Christelle Patinon, Sully
Andoche, Nathalie Naquin, Sylvie, Rémy, Patrick, Cathy,
Wilfrid, Syeeda...