L'artiste guadeloupéen, Michel Rovelas - artiste de l'année 2014

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La lumière est tombée sur mes yeux. C'est par ces mots qu'un matin au réveil Michel Rovelas encore enfant décrivit à sa mère le bouillonnement artistique qui naissait en lui. Né à Point-à-Pitre en Guadeloupe, c'est à Capesterre Belle-Eau qu'il apprend à marcher et qu'il grandi jusqu'à l'âge adulte. Aîné d'une famille nombreuse, il fabrique, jeune encore, les jouets de ses frères et sœurs et à l'occasion de la fête des marchandes de Capesterre il peint, avec de gros pinceaux sur du papier craft de plus de deux mètres par deux, de grandes fresques que l'on colle sur les murs des halles de la ville. 


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De cette époque à aujourd'hui, Michel Rovelas n'a cessé de dessiner, peindre, sculpter et réfléchir sur le statut et la formation de l'artiste, sur la création et le devenir de l'art en Guadeloupe. Mais avec une préoccupation majeure, celle d'être présent au monde et reconnu avec les particularités que l'histoire a forgé pour nous.

Artiste en grande partie autodidacte, Michel Rovelas comprendra très tôt la nécessité de l'engagement politique. Cet engagement marquera fortement les débuts de sa création et suscitera en lui le désir de former les artistes émergents et d'éveiller les plus jeunes à la création plastique.

Après des débuts à Paris, il revient alors en Guadeloupe, dirige des écoles d'art, ouvre à Pointe-à-Pitre une galerie d'art, et fonde des associations destinées à promouvoir l'art et à soutenir les jeunes plasticiens dans leur cheminement créatif. L'Art pour vivre et Art Public sont les deux dernières associations qu'il a créées. La première qui s'était fixée, entre autres objectifs, la création d'une école d'art et d'un musée régional n'a hélas pas survécu aux divergences politiques qui pénalisent trop souvent nos régions. La seconde se bat encore pour survivre et réussir la mission qui lui a été confiée : soutenir et faire connaître les artistes de la Guadeloupe, par la diffusion d’un fonds d’art contemporain, constitué de leurs œuvres.

 

Michel Rovelas comprendra très tôt également la nécessité pour l'artiste d'être un artiste à part entière. Un choix qu'il assumera malgré les difficultés quotidiennes qu'il rencontrera pour vivre de son art.
Lecteur insatiable d'une érudition surprenante, parallèlement à la création artistique, Michel Rovelas travaille aussi aujourd'hui à la rédaction de sa biographie.
L'œuvre de Michel Rovelas est trop complexe pour enfermer l'artiste dans un genre  défini. Son art n'a pas cessé d'évoluer et chacune de ses expositions réserve de belles surprises. 

 


Pour sa dernière exposition en 2013 à L'Artchipel, scène nationale de Basse-Terre, Michel Rovelas se présente de la manière suivante. « De ce que je suis, de la Guadeloupe ou des générations de femmes et d’hommes qui m’ont donné la vie, de tout mon dedans, territoires sans limites de mon être, je laisse franchir « la barrière de mes dents », à toutes couleurs, à toutes matières, aux couteaux à peindre, aux pinceaux sans noms, aux arbres découpés en morceaux, aux bambous élégants, à l’arrogant métal de la nuit, aux mots. Pourtant, j’ai les dents serrées et la bouche close. J’énonce ainsi les termes d’une mythologie créole qui est faite de vous et moi... »  (extrait du catalogue Mythologies créoles, 2013).

 Mireille Bandou Kermarrec, coordinatrice de l'Année Michel-Rovelas
 Texte écrit pour Gens De la Caraïbe, mars 2014

 

Un événement organisé grace à la contribuiton de Mireille Bandou, Scarlett Jésus, Karole Gizolme, Hélène Valenzuela, le CEREAP, Eric Guyenon, Phlippe Hurgon, Marc Chamaillard, Jean-Michel Philibert, Jocelyn Akwaba Matignon.

> en ligne : une soirée avec Michel Rovelas, récit

en ligne : rencontre dans son atelier en mai 2014

> Voir  travail de M. Rovelas avant 2013  sur Uprising Art

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