Notes de lecture de GdC

On a lu : « Les immortelles : des décombres à la lumière » de Makenzy Orcel

Le 12 janvier 2010, le tremblement de terre qui a dévasté plusieurs villes en Haïti dont Port-au-Prince a fait des centaines de milliers de morts parmi lesquels les prostituées du quartier Grand-Rue. Une ville sans putes est une ville morte (p.81)

Lumière sur les putains du quartier Grand-Rue à Port-au-Prince conformément à cet axiome : une ville sans prostituée s’apparente à une ville en déperdition, nécrosée. Le nid de la géhenne. Pour certains, le plus vieux métier du monde, pour d’autres, des femmes aux petites mœurs. Sans doute, leur fonction de régulateur social, canalise-t-elle les pulsions sexuelles et jugule bien des dépravations. Combien de crimes commis sans la possibilité de monnayer une passe ? Combien de viols, d’incestes? De frustrations anarchiques ou chaotiques ? L’écrivain Makenzy Orcel rend hommage aux prostituées décédées lors du séisme du 12 janvier 2010 dans ce roman et les rehausse au rang d’êtres sociables à travers une écriture percutante, laquelle sous-tend cette entreprise gratifiante de surcroît, à contre-courant des discours et témoignages émis depuis la catastrophe. Un style lapidaire à la narration intercalée entre le récit de la mère adoptive de Shakira, l’héroïne sous les décombres, et celui de sa mère biologique à la recherche de sa fille, depuis qu’elle s’est enfuie du foyer familial douze ans auparavant, après que son mari manipulateur l’a quittée au terme d’humiliations répétées. Deux mères pour une enfant prostituée, piégée par les éboulis.

Lire la suite de cette note de lecture d'Ayelevi Novivor sur le Collectif 2004 Images.

Makenzy Orcel signe là son premier roman remarqué par Ayelevi.
 

 

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