Wifredo Lam vu par Giovanni Jioppolo

Giovanni Jioppolo (gauche)

Isolé parmi ses contemporains qui s'attachaient surtout à la réalité sociologique d'une civilisation déjà post-industrielle, Lam est le premier artiste qui parle de la naissance d'une culture du métissage, celle des grandes capitales internationales, dans lesquelles se forge la société multiraciale et syncrétique du vingt-et-unième siècle.

 

Sa peinture annonce cette civilisation, elle en est la préhistoire visuelle et plastique, elle nous rappelle l'absolue nécessité de garder le contact avec les premières croyances de l'humanité, avec ce qui constitue une pensée sauvage et intuitive en tant qu'indispensable contrepoids de la pensée technologique.

Ce n'est pas un hasard si l'on met côte à côte si souvent l'oeuvre de Lam à la pensée antillaise qui, de la négritude d'Aimé Césaire, prend le chemin de la créolité d'Édouard Glissant.

Giovanni Jioppolo
Critique d'art

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