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Rèpriz, le gwoka, le patrimoine et l'Unesco

Alors que le Maloya (musique et danse) de La Réunion fait partie du patrimoine culturel immatériel (PCI) au même titre que le repas gastronomique des français et que les pourparlers sont entamés sur le gwoka, il devient pressant de se pencher sur ce que contient cette appellation «PCI» et ses enjeux pour la Guadeloupe dont la diversité des expressions culturelles n’est pas exempte de disparition (certains se souviennent-ils encore du foulé kas marie-galantais ou du quadrille désiradien?) si une entreprise de sauvegarde, de transmission et de promotion de celles-ci ne se coordonne pas étroitement. C’est donc pour pallier cette défaillance que Répriz a décidé d’interpeller le public sur la question.


Félix Cottelon, le président de l’association Rèpriz, a présenté le vendredi 14 janvier 2011 au siège du centre de recherche Répriz, les grandes lignes du patrimoine culturel immatériel devant un public curieux et participatif composé principalement d’artistes, de journalistes et de représentants de la DRAC. Il est revenu notamment sur les conventions signées à l’Unesco depuis celle de 1972 pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, lesquelles ont graduellement modifié les critères d’admissibilité des pays basés initialement sur les réalisations architecturales ou les édifices historiques entre autres choses, afin que n’en soit pas exclu un pan de l’humanité dont le patrimoine peinait à être valorisé par les experts et les commissions d’évaluation occidentaux.
Grâce à la convention de 2003, la pleine mesure de l’aspect immatériel a été entérinée lors de la 32e session de l’Unesco, c’est-à-dire les caractéristiques non-quantifiables, non mesurables des expressions culturelles. Selon Dominique Cyrille, chargée de mission de Rèpriz depuis de nombreuses années, les danses et les musiques traditionnelles de Guadeloupe représentent en l’occurrence, un patrimoine débordant de vitalité auquel les gens s’identifient fortement.

Ainsi, sa reconnaissance constitue un sentiment d’appartenance à une communauté à l’instar des contes, des pratiques sportives, des plantes médicinales, de la fabrique de la dentelle de Vieux-Fort, de la gastronomie locale ou encore du carnaval, etc., avec parfois un rôle de remparts contre une exacerbation des tensions sociales. Ces savoirs transgénérationnels ni figés, ni immuables, s’adaptent au contraire aux époques, aux individus et aux circonstances. Autrement dit, au-delà de la valeur esthétique d’une chose, d’un événement ou d’une pratique, il s’agit d’apprécier le sens qu’elle confère à une entité collective. C’est bien pour cela que les monuments seuls – sans valorisation, ni appropriation par un groupe, une communauté et parfois même l’État – ne forment pas le patrimoine d’une culture, celui-ci étant corrélé à l’idée de recréation.
Ainsi, les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, les rituels et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ainsi que les connaissances et le savoir-faire nécessaire à l’artisanat traditionnel font partie de ce patrimoine culturel immatériel.

C'est pourquoi la Guadeloupe, via le centre de ressources Rèpriz s'apprête à initier des concertations avec les associations et écoles de danse ou percusssion sur la possibilité d'inscrire le gwoka sur la liste représentative du PCI. Les chances d’aboutir à cette reconnaissance semblent favorables d’autant que Yves Thôle, illustre tambouyé a reçu en novembre 2010 du ministre de la Culture français Frédéric Mitterand, le titre honorifique de Maître d’art pour son académie du Ka.

Depuis 2003, 133 pays ont signé la convention de l’Unesco. Ce faisant, chaque État signataire prend des mesures nécessaires pour assurer la sauvegarde du PCI. Toutefois, selon Félix Cotellon, les conditions d’inscriptions restent déséquilibrées suite à l’afflux de candidatures du Nord qui peuvent engendrer une hiérarchie entre les pays du Nord et du Sud, et provoquer une dérive commerciale et touristique. Le gwoka s'élève naturellement au rang de porte-étendard de la Guadeloupe: son histoire, sa place dans le cœur des Guadeloupéens et des nombreux adeptes par le monde ainsi que son ancrage durable dans le paysage audiovisuel, témoignent de la vivacité et du potentiel en termes d’exportation de cette musique/danse ambassadrice. C’est pour cela que son entrée dans le PCI favoriserait sa diffusion, sa pratique, et donc assurerait sa pérennité.

A.N

Rèpriz, Centre de musique et de danse traditionnelle et populaire de la Guadeloupe oeuvre depuis 2005 à la collecte et à la protection du patrimoine artistique immatériel.
Leur site : www.repriz-cmdtp.org (voir leur fiche dans le Guide de la Caraïbe culturelle 2010)
Charte de Rèpriz

Quelques éléments caribéens de la liste des pratiques classées par l'Unesco, patrimoine culturel immatériel de l’humanité

L’espace culturel de la Fraternité du Saint-Esprit des congos de Villa Mella
La tradition du théâtre dansé Cocolo
Le maloya
La musique Marimba et les chants traditionnels de la région sud du Pacifique colombien
La Samba de Roda de Recôncavo de Bahia
Les traditions des Marrons de Moore Town
Les traditions pastorales et les chars à bœufs du Costa Rica
La Tumba Francesa

Le Carnaval de Barranquilla (situé sur la côte caribéenne de la Colombie) appartient à une autre catégorie. Il a été proclamé par l’UNESCO « Chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité » en novembre 2003. La ville de Barranquilla organise tous les ans un carnaval au cours duquel est offert un répertoire culturel unique de danses, de spectacles musicaux et lyriques et de théâtre. En savoir plus

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