Biguine Jazz 2009 - Diamant

La place des fêtes mardi 11 août  au soir volait la vedette au Rocher du Diamant en accueillant la deuxième soirée du festival Biguine-Jazz  itinérant avec Paco Charlery Big Band, Joel Lutbert quartet, Gille Rosine quartet, Dominique Bougrainville quartet. Jude y était. Il est rentré dans la nuit avant les embouteillages du matin vers Fort-de-France, est remonté dans le nord caraïbe, a allumé son ordinateur pour vous raconter ce qu'il a entendu à l'autre bout de l'île.

Paco Charlery Big Band
Sous cette appellation c’est en réalité une bonne formation de soufflants constituée essentiellement des stagiaires du SERMAC de l’atelier Jazz animé par Paco Charlery. Pas moins de 4 saxophones (Ténor, Alto et Soprano dont Marie-José Birba - ce n’est pas qu’une affaire d’homme ! ) une trompette, un trombone soutenu par un Jacky Bernard à la basse de cette machine harmonique dirigée de main de maître par Paco. Une section rythmique renforcée par Miki Téléphe aux percussions et Daniel Dantin à la batterie et Alain Antoinette à la basse a complété cette belle formation.
Paco aux timbales ne pouvait qu’imprimer de façon indélébile la couleur latin-Jazz. On ne se défait pas aisément de ses influences... Malgré le bélya du début et "Cameleon" de Herbie Hancock,  le thème Manteca de Dizzy Gilepsie, et ses soli de timbales ont littéralement plongé dans cette ambiance latin-jazz pour le plus grand bonheur des amateurs du genre. Une belle introduction d’une belle soirée diamantinoise où la pluie a voulu s’inviter.

A l’issue de la prestation, Gérard Dorwling-Carter qui animait la soirée après avoir vivement remercié les sponsors (La Région, le Comité Martiniquais du Tourisme, la Ville et les autres) a sollicité à nouveau Black Kalagan qui avait fait sensation à Saint-Pierre.

Joel Lutbert quartet
Le deuxième groupe de la soirée, encore une agréable surprise puisqu’il n’était pas précédemment annoncé sur le programme a en quelques sortes remis les choses en place par ses biguines, mazurka et cette belle valse intitulée créole. La référence à des valeurs sures de notre patrimoine biguine comme Max Ransay pu encore Marius Cultier a permis au quartet de Joel Lutbert de nous faire déguster ce rythme fabuleux, chaloupé, swinguant qu’est le concept Biguine-Jazz.
Gaston Beaubrun aux claviers a été redoutablement efficace de précision pour faire onduler une foule qui de la tête, des hanches, des pieds exprimait sa joie d’être là pour ce beau et bon moment. Retenons cette belle prestation vocale de Joel Lutbert et les interventions magnifiques de Miki Télèphe aux percussions, le beau chorus d’un Alain Antoinette visiblement inspiré à la basse ainsi que joel Lutbert à la guitare.
Beau moment et pur délice tout en biguine avec la syntaxe du Jazz.

Gille Rosine quartet
Il s’est lui aussi présenté dans la formule quartet avec Alex Bernard à la basse (bien assis comme le rythme, tranquille) un autre Bernard à la batterie, Guillaume et Micky Télèphe qui est revenu pour la seconde fois. Gilles Rosine nous a entraîné dans les méandres du bèlè avec un mabèlo, un grand bèlè, tout un univers ternaire bien ponctué par le tanbou bèlè. Il a d’ailleurs intitulé la composition Mazouk-Bélia.
Notons au passage cette belle ponctuation au djembé de Micky qui a rappelé le bon vieux « chouval bwa » et donc les choses  tournaient rond dans rond pour le plus grand bonheur de la foule de spectateurs qui avait comme par  enchantement « grossie ».
Rosine, ce nom important dans la musique martiniquaise* n’est absolument pas déshonoré puisqu’au fil du temps, ce prénom marque son empreinte en traçant son sillon dans le vaste champ pianistique martiniquais.

Dominique Bougrainville quartet

Toujours dans la même formule quartet, Biguine-Jazz offrait l’opportunité de découvrir un autre Dominique Bougrainville. Celui-ci était plus en avant, au sens propre comme au sens figuré, puisque la batterie était bien en évidence en avant du podium. Histoire de signifier qu’il n’était pas qu’un "sideman" mais bel et bien un compositeur proposant des œuvres.  La formule créole dit : « bonjou ka menne, ki nov » c’est bien ce que Dominique B. a fait en proposant de belles compositions sans oublier ses breaks, roulement mitraillette avec l’ajout du tibwa additionnel.
Après ce long moment d’attente à l’occasion de ce dernier changement, le public un petit peu contrarié par quelques gouttes « fifinant » et bruinant au son des vagues pas loin est venu féliciter l’artiste et Christian Boutant pour son heureuse initiative. Ce dernier a du repréciser dans la soirée le concept Biguine-Jazz qui se voulait un creuset au sein duquel se rencontraient toutes les musiques créatives de la Martinique dans l’esprit d’improvisation du Jazz.

 


GDC en bon animateur a rappelé que le festival Biguine-Jazz de cette année était dédié à Claude Somier ce merveilleux et talentueux pianiste qui s’en est allé depuis fin juillet plaquer des accords éternels. L’animateur a remercié chaleureusement le nombreux public et l’a convié à l’ultime rendez-vous à Ducos pour un final en apothéose.

 

* référence à Paulo Rosine

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