Présentation

Spectacle en tournée : Moi Sogolon femme buffle

Ce travail constitue une vision contemporaine  de l’Epopée Mandingue, l’un des fleurons de la littérature orale de l’Afrique de l’Ouest.
Création de Yane Mareine, chanteuse et comédienne d’origine afro-caribéenne - Spectacle mis en scène par Dany Kouyaté, adaptée de l’œuvre de "Lectures de Sables " de Vladimir Bodianski. Une série d’activités pédagogiques et artistiques sont proposées sur le thème de La diversité du monde

 

Yane Mareine, chanteuse et comédienne  guadeloupéenne, vivant entre Antilles et Cévennes,  depuis de nombreuses années mène un travail de recherches sur le patrimoine culturel intangible et la mémoire des peuples issus de la traite négrière.

"Moi Sogolon femme Buffle", dernière création en date de l’artiste est née d’une rencontre avec l’écrivain russe Vladimir Bodianski , qui lui a parlé de l’épopée mandingue. Il s’en est suivi un long séjour en Afrique dans le cadre d’une résidence « Visa pour la création », dispositif de CulturesFrance.


Ce spectacle associe ainsi chant, poésie, musique, conte, théâtre, expression vocale et danse.


Il met en scène la recherche de l’artiste, autour de l’épopée mandingue, et des mythes fondateurs de l’Afrique de l’Ouest. Yane Mareine a travaillé essentiellement sur les personnages féminins.


Durant plusieurs mois, Yane Mareine a été amenée à sillonner le Manden (ex empire mandingue qui s'étendait du XIè au XIIIè siècles sur les actuels Mali, Guinée  Côte d’Ivoire etc), interrogeant  historiens et anthropologues, en côtoyant des musiciennes traditionnelles, chanteuses et  instrumentistes,  joueuses de balafon, de kora, qui lui transmettent les chants les plus significatifs de cette épopée toujours très présente en Afrique de l'Ouest.


Elle collecte des informations précieuses auprès des «  bouches anciennes »,  les Griots, femmes et hommes, ces mémorialistes et généalogistes de la brousse et des cours africaines, ceux qui ont « reçu la parole en héritage ».


A la suite de cette résidence, une version caribéenne de « l’épopée mandingue » est née, et se joue pour la première fois sur la scène de l’Institut français de Conakry au mois de novembre 2008.

Yane  Mareine entend bien œuvrer en faveur de la transmission de cette forme de littérature, et de sa préservation, (conformément à la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel).

Au-delà de la recherche artistique, la préparation de ce spectacle a été une vraie plongée dans les valeurs culturelles, sociétales et spirituelles de l’Afrique.

TROIS FEMMES QUI SE REINCARNENT LES UNES DANS LES AUTRES


Do-Kamissa, la première femme-buffle.


Après avoir terrorisé le pays, elle donne sa vie à deux chasseurs qui auront pour mission en contrepartie de prendre avec eux la femme qui porte en son sein l’enfant prodige.
Do-Kamissa représente en quelques sortes la première femme féministe du Mandé.


Sologon Kédjou, la deuxième femme-buffle.

L’incarnation de Do-Kamissa :
C’est la mère du premier grand empereur du Sahel Soundjata Keita.
Elle met au monde et s’occupe de l’enfant prodige dans la douleur, jusqu’à son exil hors du Mandé. Elle se donnera elle aussi la mort afin que son fils Soundjata Keita puisse retourner au Mandé afin d’accomplir son destin.*


Sologon Kolokan, la petite sœur de Soundjata, troisième femme-buffle, l’incarnation de Kédjou.


En se livrant à Soumangourou Kanté, le roi despote des forgerons, l’ennemi juré de son frère, elle va aider le destin à s’accomplir en dérobant au sorcier le secret de son invulnérabilité.
Elle incarne le sacrifice suprême de la femme-buffle, le don de soi-même.
Ces sacrifices sont-ils aujourd’hui reconnus par les descendants de « l’enfant prodige » ? Tel sera le questionnement que la femme-buffle traînera en filigrane en traversant ce spectacle.


Les chants (environ une dizaine, directement issus des temps forts de l’histoire) interviennent non pas comme illustration, mais comme prolongement de la parole de ces trois femmes…
Le chant a donc une place de choix dans ce long poème qui ne cherche à raconter l’épopée ni dans sa totalité, ni dans sa chronologie.
Ce sera plutôt un prétexte au questionnement d’une femme-artiste caribéenne sur une œuvre majeure de la tradition orale Ouest africaine, qu’elle s’est appropriée… Avec la baraka du griot :
« Cette histoire vous appartient désormais »

En savoir plus sur Yane Mareine : www.mareine.com

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