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Le pays du dedans

"Le pays à l’envers" de Sylvaine Dampierre aurait pu aussi bien s’appeler le pays du dedans tant il nous plonge au cœur d’un territoire que l'on n’a pas l’habitude d’aborder de l’intérieur.  Un nom, celui que l’on porte aujourd’hui lorsque l’on est guadeloupéen, n’est pas juste un patronyme. Il est d’abord une histoire, celle d’un peuple qui bien loin des clichés, porte la trace commune des peuples colonisés, celle de l’esclavage.
En faisant une remontée dans le temps, à la recherche de ses origines, et dans un dialogue avec son père, Sylvaine Dampierre, livre avec une grande, très grande générosité, un peu de l’âme guadeloupéenne. Celle qui s’est forgée dans la douleur, et qui pourtant a surmonté l’innommable. Cette âme là, c’est d’abord celle liée à l’identité et au questionnement que chaque fille et fils d’esclave porte en lui consciemment ou non. Qui sommes nous, d’où venons-nous? Quelles représentations avons-nous de notre histoire et donc de nous-même? Peut-on s’aimer soi-même, s’ancrer dans le présent et se projeter dans l’avenir, si l’on ne se connaît pas?

C’est par cette interrogation que la réalisatrice explore à la première personne, un territoire souvent caricaturé par la carte postale tropicale. Au cœur de cette démarche existentielle, l’expression, celle du corps, que l’impressionnante chorégraphe Léna Blou, met en mouvement pour recréer le cheminement de l’esclave sans nom, assujetti et honteux mais qui finit lentement par s’éveiller à lui-même. Etre soi même, c’est aussi reconnaître et accepter ce que l’on a subi et dont les traces se trouvent jusque dans les jardins que nous découvrons, loin des plages touristiques.

Ces jardins créoles sont une métaphore du destin de l’ancien esclave. Ils incarnent le labeur mais aussi l’amour, celui porté à sa terre, ultime territoire d’expression lorsqu’on a été dépossédé de tout à commencer de son identité. La simplicité du rapport quasi charnel qui existe entre le paysan guadeloupéen et son environnement prend alors tout son sens.


Cette recherche identitaire, empreinte de poésie, s’appuie notamment sur une rencontre essentielle. Celle avec Michel Rogers, généalogiste improvisé, mais à qui nombre de guadeloupéens doivent aujourd’hui de connaître un peu mieux leur passé. « Le guadeloupéen est né sous X…on a la mentalité d’un enfant abandonné » résonne comme un cri, une alerte, qui dirait à chacun, cherchez, cherchez toujours et ne fuyez pas ce que vous êtes, votre avenir en dépend.

Car aujourd’hui, certes la Guadeloupe est un département français, elle serait même privilégiée si on la compare à d’autres voisins caribéens, et pourtant, l’essentiel reste encore à trouver pour pouvoir s’assumer pleinement.


Le Pays à l’envers est non seulement une œuvre réussie mais indispensable dans laquelle la mémoire de l’histoire coloniale apparaît moins comme une justification des maux d’aujourd’hui que comme le point de départ d’une histoire qui reste à écrire.

Le film a reçu le Prix Patrimoine de l'Immatériel au 31ème festival du Cinéma du réel, 2009.

Sortie nationale le 29 avril – rencontres prévues avec la réalisatrice voir le site http://www.hevadis.eu pour les dates.

Réalisation : Sylvaine Dampierre
90 minutes / 2008
Distribution Hevadis Films
avec le soutien de Gens de la Caraïbe


http://lepaysalenvers.blogspace.fr

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