Saison 2007/2008

Amériques homériques. Iles d’Amérique, terres d’utopie…

Le parcours visuel ici proposé est un retour critique sur l’un des mythes fondateurs de l’âge moderne qui, depuis la Renaissance, a inspiré le vaste dessein de conquête et d’appropriation que fut la découverte et la colonisation du Nouveau Monde.
Il s’agit de dessiner les contours fuyants d’un système de représentations où interviennent l’île, l’archipel, et le continent, en tant que configurations dominantes d’un imaginaire et d’une poétique.

La notion de « paradis perdu » nous renvoie à un imaginaire pluriel…
A la croisée des mondes une vision nostalgique du Paradis existe, issue de la pensée judéo-chrétienne liée l’origine de l’homme, en évoquant la tentation d'Adam et Ève par Satan puis leur expulsion du jardin d'Eden, le paradis rêvé…

Le paradis évoquant un lieu de félicité et de bonheur absolu, est souvent perdu mais est toujours à reconquérir, par la force de nos utopies…

Les artistes sélectionnés, nous offrent des ailes pour un voyage dans les possibles dédalles de leur projection d’un monde né du divers. En éternel voyageur dans l’espace de la création, chacun des artistes nous rapportent dans une écriture pluridisciplinaire constat, exploration, projection, quête existentielle, et autres traces inoubliables du monde…

Le paradis perdu, alors ne se veut pas perdu, sinon à reconstruire, réinventer, voire même inventer pour affronter nos énigmes et ouvrir les possibles…



ARTISTES

Savine DOSDA
Guadeloupe - Paris


« Avec le cadre prédécoupé de mon viseur photographique, je taille de petits morceaux de réel que je détourne, mélange et assemble pour construire d’autres narrations plus subjectives, imaginaires. En cela je me sens très proche de la poésie. » Photographe guadeloupéenne au parcours européen, Savine Dosda (33 ans), a adopté ce médium comme instrument de création narrative autonome. Influencée par l’art vocal, le cinéma et notamment par Chris Marker, son travail déborde du cadre photographique pur pour intégrer montage, rythme, espace et durée, texte et son dans des œuvres papier ou multimédia. Elle garde de ses racines caribéennes une perception ultrasensible de la lumière, qu’elle porte avec elle outre-mer et utilise dans ses photographies, suggérant tour à tour des univers fantastiques, hors du temps ou au contraire profondément présents.

Henri TAULIAUT
Guadeloupe - Martinique

Né aux Abymes le 1er août 1966, Henri Tauliaut est diplômé de l’école régionale d’arts plastiques de la Martinique, et enseigne aujourd’hui à l’I.R.A.V. Il a exposé à Latitudes 2004 en décembre à Paris et en avril 2004 Organik-Gam à la Bibliothèque Schoelcher de Fort de France. Il participe à la Biennale de Saint-Domingue en novembre 2003 et à Marseille à l’exposition Corps et Âmes en 2002. Devenu un apprenti sorcier, Henri Tauliaut importe le paysage, extrait de son premier contexte des éléments de la vie tels que la cristophine, un giraumon, un melon, un igname qu’il réalise en thermoformage et crée avec eux un echo-système dans lequel des matériaux divers se rencontrent.

Hervé BEUZE
Martinique

Hervé BEUZE, artiste plasticien martiniquais, est né en 1970, en 1997 il obtient le DNSEP, à l’Institut Régional d’Art Visuel de la Martinique.
Créateur multiforme, il partage sa création entre l’art de l’esprit et l’art utilitaire. Sa peinture et ses volumes, notamment ses assemblages et ses installations surhumaines constituent un nouveau regard porté sur les lieux et les événements symboliques de l’histoire et de l’identité antillaise. Son travail plastique s’inscrit dans cette démarche d’expression des mythes qui sous-tendent la génèse des sociétés antillaises. Des matériaux bruts de sens historique ou expressif sont mis à contribution. Les notions qu’il privilégie sont la tension, la verticalité, l’énergie, le concentré, le multiple, l’explosion, l’intense, le saturé…


Jean-Yves ADELO
Guadeloupe

Né aux Abymes le 16 avril 1980, Jean-Yves Adelo obtient le DNSEP en 2002 à l’IRAV. Il enseigne les arts appliqués en Guadeloupe etparticipe à des expositions collectives telles que « inscriptions.com » avec l’association CODE BARRE et à des projets de fresques vidéo pour des ballets et spectacles. « Mon travail invite le corps de l’autre à partager le regard que je porte sur le monde. Mes vidéos sont le résultat de mélanges d’images et de sons, d’univers et de cultures différentes, à l’image des sociétés caribéennes. Grâce à de multiples effets de montage, de recadrage, de colorimétrie poussée, la forme devient signe, l’image atteint une autre réalité non encore dévoilée.
Traduire la pulsation musicale par l’image, son ressenti par des jeux de formes, de mouvements, de couleurs saturées, et de sons étirés, c’est là la force de ce médium qui donne à voir les « battements » du temps ».

Yolanda NARANJO
République Dominicaine


Yolanda Naranjo, née en 1968 à Saint-Domingue, République Dominicaine.
Elle travaille et vit à Athènes, en Grèce.
Yolanda Naranjo a étudié les Beaux Arts et le design à Altos de Chavón, et à la Parsons School of Design à New York.
Ses dernières expositions : en 2003: Œuvres récentes à la Amalgama Gallery, à Bruxelles, en 1999: à la Norte Garden House Ada Balcacer, à Santo Domingo.
Ses expositions collectives : En 2005: Expo-Colectiva, Amalgama Gallery, Bruxelles, En 2004: Artistas Latinoamericanas, Amalgama Gallery à Bruxelles, Belgique.

Jacqueline FABIEN
Martinique


Née le 23 juin 1954 à Fort de France, Jacqueline Fabien poursuit des études d’Art à l’ENAD de Nice.
Elle a exposé en 1984, à l’« International Art Convention » à Trinidad and Tobago; en 1990, « Façades imaginaires » à Grenoble; en 1992, à la Biennale de Peinture de Saint Domingue; de 1994 à 1995, a conçu des installations « La Grotte », « Etal », « Chambre de femme », « Le jardin de Mme Mo­net » (Martinique). En 1996, elle réalise une performance à la Prison de la San­té (Ateliers de télé-rencontre créés par A. Moreau) à Paris; La même année, elle participe à « Arcos de Lapa » à Rio de Janeiro, puis en 1999, à « Pacaembù » à Sao Paulo. En 2004, elle a présenté « De songes en scènes ; Sortilèges » au CMAC Scène Nationale (Martinique).

ELodie Barthélémy
Haïti- Paris


Elodie Barthélemy est une plasticienne de double culture française et haïtienne. Son travail explore les liens à tisser entre nos identités multiples, les rites de passage à réinventer, le langage du corps et des sens et la relation art et science. Il se développe sous différentes formes : dessins, peintures, installations, sculptures sonorisées, performances, œuvres participatives .
Elle est diplômée des Beaux-arts de Paris en 1991.
Ses œuvres ont été exposées en 2004, au Frost Art Museum de Miami, au centre culturel de la BID à Washington, et en France : à Amiens au Conseil Régional de Picardie, à Avignon à le galerie du TOMA, et à Paris dans le cadre de « Haïti en Seine » organisé par le Collectif 2004 Images.
En 2005, elle rejoint le collectif Plusieurs qui investit l’Espace Matisse de Creil, elle est invitée au Parc de Bayser à Compiègne par l’association Traces et Cie, et participe au Salon d’automne.


Thierry Alet
Guadeloupe-New York


Peintre Guadeloupéen né en1971, diplômé en 1992 d'un DMSEP (diplôme National Supérieur d'Expression Plastique) à l'IRAV (Institut Régional d'Art Visuel de la Martinique), poursuit ses études à Pratt Institute à New-York en 1994.
Alet travaille sur deux grandes séries les manuscrits et les " faux portraits ". En 1996, il commence la série des manuscrits qui sont des toiles dans lesquelles sont gravés, dans la masse de la peinture, des textes libres tels que les précieux petits moments de l'enfance qui ressurgissent, des poèmes du recueil Pigments de Léon Gontrand-Damas, ainsi que des passages de l'œuvre connue de Shakespeare, Roméo et Juliette. Sa quête est sur la transcription. Que nous dévoilent ses lettres presque chaotiques sur des grandes toiles peintes d'un bleu monochrome ou d'un jaune vif, ou encore blanches. Les textes gravés sont en français ou en anglais (en effet l'anglais est devenu la deuxième langue de cet artiste puisqu'il réside à New York depuis 1993).
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