Maryse Condé n’aura plus de lien avec la Guadeloupe et s’en explique.

Maryse Condé - Séance de signatures - Atrium 2006 © KG - GDCAprès ses 22 années de vie en Guadeloupe, Maryse Condé décide de s’installer à New York et Paris pour des raisons familiales et de santé. Mais pas seulement.

Elle confie à Gérard César sur Télé Guadeloupe le regard qu'elle porte sur la Guadeloupe, « raisonnablement » et sans amertume. Lucide, franche, honnête et fidèle à elle-même, elle brosse en quelques mots le portrait de la Guadeloupe (à voir jusqu'au 19 juillet 2007 sur www.rfo.fr, édition du journal de Guadeloupe du 12/07/07).

A la veille de son départ, le Conseil général « impose » à Maryse Condé le 11 juillet une assemblée départementale « conviviale ». En coulisse, Maryse Condé livre dans une interview la déception qu'elle ressent de n'avoir pas pu donner ce qu'elle espérait à la Guadeloupe car confie-t-elle, les « instances culturelles » ne l'ont pas sollicitée pour autre chose que quelques rencontres avec des écoles. Ce qu'elle explique par son « tour d’esprit », « critique », « lucide », qui fait « la part des choses », et qui n'a pas plu à la Guadeloupe.

Maryse refuse « la mythification », « l'idéalisation facile ». Maryse Condé estime que la majorité des Guadeloupéens aime les gens qui disent que la Guadeloupe est « un paradis », ce qui est « faux ». Pour ne pas paraître « trop pessimiste », l'écrivaine tient à préciser, que durant ses 22 années, elle a entendu, enregistré la « belle voix » du pays Guadeloupe, à travers le vent, la nature, les montagnes. Cependant, sur le plan humain, le pays est « laminé, décervelé par le colonialisme », il a « peur de l'avenir », « ne veut pas de la création, de la nouveauté », se « replie sur ses traditions », préfère « les choses convenues ».

Maryse estime donc qu'elle n'a « pas sa place dans un univers pareil » et part « essayer de faire autre chose dans ce monde qui est nouveau, différent ». Ecrire à la mesure de ce monde « tout monde », comme l'appelle Edouard Glissant. Une page se tourne. Ailleurs, Maryse sait que ses compétences sont « plus valorisées », en Amérique en particulier.


Voir notre portrait de Maryse Condé réalisé en janvier 2007

Voir l'article de Iadine Saint-Aroman sur « Victoire, les saveurs et les mots », roman que Maryse Condé considère comme son adieu à la Guadeloupe.

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