Esclavagisme et Péril noir à Cuba dans la première moitié du XIX° siècle

alainyacouRésumé de la communication d’Alain YACOU Professeur de l’Université des Antilles et de la Guyane Directeur du Centre d’Etudes et de Recherches Caraïbéennes Le projet cubain de développement de l’économie de plantation qui prit corps au cours de la guerre de Sept Ans, comme on sait, ne s’est réalisé qu’au lendemain de la Révolution de Saint-Domingue français. * * * I – Il a existé à cet endroit toute une stratégie d’éradication de l’opulente partie française de Saint-Domingue inventée et parfaitement mise en œuvre dès 1792 par celui qui fut l’oracle de la plantocratie cubaine, le Havanais Francisco de Arango y Parreño et dont l’objectif ne faisait pas mystère : prendre la place de Saint-Domingue français sur le marché du sucre. A Madrid, il fut entendu au plus haut niveau de l’Etat. De fait, la conséquence immédiate de cette brillante réussite a été l’augmentation exponentielle de la main-d’œuvre servile. Et l’esclavage cubain sera de plus en plus coercitif tout au long de la première moitié du XIX° siècle. II – La montée du " Péril noir " sera la réponse obligée à l’exploitation excessive des " nègres de jardin " et à la discrimination croissante dont seront l’objet les non-blancs. Dès 1795, on peut avancer le concept de " révoltes de type nouveau " pour qualifier les soulèvements d’ateliers de l’Ouest et du Centre de Cuba. A partir de 1812, l’avancée des cultures dans l’Est montagneux déclenche une longue guerre des nègres marrons depuis leurs " palenques " fortifiés et qui menacera réellement l’ordre établi aux dires des Autorités espagnoles. Enfin, les libres de couleur, rompant avec une longue tradition de fidélité, ne sont pas loin de constituer l’état-major des rebellions serviles. En somme, l’abolitionnisme nègre est en marche. Il faut tenir compte à cet égard de ce qu’il faut bien appeler l’internationalisation du problème noir à Cuba : la main de l’Anglais y a été pour beaucoup, le milieu du siècle approchant. * * * En somme, " la crainte de la guerre sociale a bloqué les chances de la guerre nationale à Cuba " au moins jusqu’en 1868, il est juste de le souligner. A. YACOU Photo: Buste d'Hatuey à Baracoa, amerindien résistant qui sur la potence, avait refusé d'aller au paradis des colons espagnols © GDC - juin02
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