Saison 2006/2007

Joyce Daniel (Barbade)
Elle présente sa série des « torses ». Elle s’approprie des matériaux naturels tels que écorces, feuilles, galets, fils, coquillages, bois, graines, qu’elle colle, coud, attache à ses torses de femmes qui sont faits de moulage de Paris et de papier fait à la main. Torses bruts d’où apparaissent des seins dont la surface est décorée de couleurs vives et de dorure. Torses sans tête, mais ornés, ce qui  leur donne un côté précieux, voire sacré. Cette série des torses est un culte à la fécondité féminine, à cette maternité symbolique. Ces sculptures-peintures sont des réminiscences de la Vénus de Milo. Ces torses racontent l’histoire et l’expérience des femmes afro-caribéennes dont les corps ont été mutilés par les labeurs de l’accouchement, le travail agricole et les lourdes tâches de ces pionnières. Mettre ensemble avec des médias divers, sédimenter toutes ces vies fragmentées afin de les soigner et de former un tout, leur permettre de se reconstruire, voici ce que tentent de faire les torses de Joyce. Torses symbolisant la femme nature, la femme nourricière, l’épouse en souffrance, représentant les rôles multiples de la femme tout en restant humble et forte dans la représentation de son identité.

Quelques mots sur l'artiste :
Diplômée de l’Université de l’Iowa, Iowa City en 1980 (M.A.), et du département des arts visuels de l’Alberta College of Art du Canada (1967-1971), Joyce Daniel a enseigné les disciplines artistiques à l’Université des West Indies (à la Barbade) en 1995. Elle a dirigé de 1990 à 1994 le « Barbados Design Centre ».
Joyce Daniel a exposé dans beaucoup d’îles de la Caraïbe via le « Caribbean Festival of the Arts » (St. Kitts/2000 ; Trinidad/1992 ; Barbados/1981 ; Jamaïque/1976…) ; Elle a exposé en 1997 à la galerie « Arte Nuevo » en République Dominicaine ; en 1994, à la « West Side Gallery » en Caroline du Nord/ USA ainsi qu’à New York, à la « United Nations Gallery » - Empire State Plaza. Elle a aussi participé aux « Petites estampes » à Chamalières (France) en 2006.


Jacqueline Fabien (Martinique)
« ...L’humain est ma source de réflexion, mais plus encore de fascination. Dans l’ensemble des oeuvres présentées de 1995 à 2007, l’humain est mis en scène de manière fantasmatique, mais avec une forte relation à notre réel.
Les enfants ne sont plus seulement innocents, selon les poncifs usuels, ils sont en danger. Leurs yeux nous fouillent et demandent ce que nous avons fait de leurs âmes.
La femme verte marque son étrangeté à ce monde, très souvent seule, elle manifeste des émotions et désirs contradictoires, parfois avec humour. Elle réclame l’amour-partage total, elle dit son besoin de « rassurance » incarnée par « Petit bonhomme ». Elle crie sa solitude, les abandons, les pertes subies. Avec exaltation, elle continue cependant à offrir son âme.
Si le corps est le plus souvent nu et formellement très affirmé, il ne s’agit pourtant pas d’un travail sur le corps : ici il est question de mise à nu des sentiments, de dévoilement extrême jusqu’à l’intime.
Des couleurs très fortes, à commencer par le vert de la femme accentuent l’idée qu’on n’est pas « dans la romance », mais dans la violence des passions... » J. Fabien

Quelques mots sur l'artiste :
Née le 23 juin 1954 à Fort de France, Jacqueline Fabien poursuit des études d’Art à l’ENAD de Nice et obtient son DNSEP en 1980. Elle travaille dans une boîte d’architecture d’intérieure, Créapole, à Paris de 1997 à 1998.
Actuellement, Jacqueline Fabien est professeur en Lycée Professionnel et pratique son art.
Elle a exposé :
en 1984, à l’« International Art Convention » à Trinidad and Tobago ;
en 1990, « Façades imaginaires » à Grenoble ;
en 1992, à la Biennale de Peinture de Saint Domingue ;
de 1994 à 1995, a conçu des installations « La Grotte », « Etal », « Chambre de femme », « Le jardin de Mme Monet » (Martinique) ;
En 1996, elle réalise une performance à la Prison de la Santé
(Ateliers de télé-rencontre créés par A. Moreau) à Paris; La même année, elle participe à « Arcos de Lapa » à Rio de Janeiro, puis en 1999, à « Pacaembù » à Sao Paulo ;
En 2004, elle a présenté « De songes en scènes ; Sortilèges » au CMAC Scène Nationale (Martinique).

Pour en savoir plus sur Jacqueline Fabien et voir quelques-unes de ses œuvres, consulter notre galerie d'arts visuels.



Information complémentaires :
Galerie JM'Arts
Du mardi au Samedi de 14 à 19h
36 rue Quincampoix
75004 Paris
Tél. : 01 44 54 02 02
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