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Artiste du mois : Gerty Dambury, écrivain, dramaturge, metteur en scène - Guadeloupe/Paris

g-dambury-cuba02-gdcCe mois-ci, c'est le parcours de Gerty Dambury que Gens de la Caraïbe, met en avant.
Ecrivain, dramaturge, metteur en scène, professeur d'anglais, mais aussi, quand le temps lui permet, critique de théâtre pour Gens de la Caraïbe, Gerty sera, le 25 février 2007 au Grand Parquet à l'occasion de la dernière journée du
Festival Fulgurance.

Née à Pointe-à-Pitre en 1957, Gerty Dambury passe son enfance en Guadeloupe avant de s'installer, en région parisienne à l'âge de treize ans. C'est à ce moment que son intérêt pour le théâtre se développe, une passion qui lui vient de l'enfance puisque déjà toute jeune elle en joue avec ses frères et soeurs. Dans les bibliothèques parisiennes, elle découvre Pirandello, auteur du XXème siècle, et fréquente régulièrement les salles de théâtre avec sa classe, encouragée par un professeur qui lui permet de découvrir aussi bien un théâtre classique qu'un théâtre de boulevard ou moderne.

Plus tard, la jeune guadeloupéenne s'inscrit en Langues à l'Université Paris VII de Vincennes. Elle y obtient en 1978 une maîtrise d'anglais avant de rentrer dans son île natale (1981) où elle enseigne la langue dans divers collèges et lycées du département.

Sa carrière d'écriture, Gerty Dambury la commence par la poésie avant de se lancer dans l'écriture théâtrale et la mise en scène car si le genre poétique est celui qui retient le plus son attention, le théâtre constitue selon elle, « un espace poétique, laissant aussi libre cours à l'imaginaire », même si, ici, cet imaginaire est somme toute guidé.
Carfax, sa première pièce de théâtre, sera jouée au Centre des Arts de Pointe-à-Pitre en 1986. Elle enchaîne alors une période faste d'écriture - qui ne s'est pas arrêtée jusqu'à présent - et, publie en 1989, Rabordailles, un recueil de poésie qu'elle-même met en scène au théâtre d'Avignon et qui sera repris au 17ème Festival des Arts de Fort-de-France (Martinique).

En 1989, elle quitte la fonction d'enseignante pour occuper le poste de Conseiller pour le Livre et la Lecture à la DRAC avant de travailler auprès du préfet de Guadeloupe en tant que responsable des projets éducatifs dans les zones de développement social de quartier (1991-1992). C'est notamment sous son impulsion que le Centre Culturel Lacroix voit le jour aux Abymes ou encore la bibliothèque du Moule.

En 1993, Lettres Indiennes, qui reste pour l'heure sa pièce la plus connue, est publiée aux Editions Lansman (Belgique). Cette pièce métaphorique sur la difficulté du retour au giron familial après avoir vécu l'espoir d'une émancipation sociale, sera crée en Avignon en 1996 et à New York en 1997. Survols, pièce qui évoque le traitement de l'information, (publiée en 1995 aux mêmes éditions) recevra également un bel accueil de la part des lecteurs. Mais Gerty ne se cantonne pas à un genre particulier, explore d'autres formes d'écriture comme la nouvelle avec Mélancolie, livre paru aux éditions La Flèche du Temps (Paris - 1999).

A son actif aussi, plus d'une dizaine de mises en scènes, elle qui affectionne particulièrement le rapport privilégié qu'offre le théâtre au public. Parmi elles, citons des pièces qu'elle a écrit comme Moi Tutsie, lui Hutu (1995), et Carêmes commandée par la Scène nationale de Guadeloupe (1998) ou celles d'autres auteurs tel le texte de Derek Walcott The Sea is History (1996).
Parallèlement, elle reste fidèle à la poésie avec des publications récentes comme Cri et Voyages (revue Osiris 62 - juin 2006) ou encore Terre-plein (revue La Traductière, n° 24 - juin 2006).

Actuellement Gerty Dambury, de retour dans l'hexagone depuis 2003, enseigne à nouveau l'anglais en région parisienne et en a profité pour compléter son cursus universitaire par un Master II d'Etudes Théâtrales (2006).

Convaincue des bienfaits de la culture, elle consacre également son temps à l'association L'Image à la Parole, structure créée par la cinéaste et documentariste Claude Bagoé Diane et qui a pour objet de proposer un accompagnement culturel aux adolescents relevant de la protection judiciaire ou de l'éducation nationale en leur permettant, au travers d'expressions artistiques diverses, une reprise de contact avec leurs cultures d'origine.

Gerty ? Une femme de caractère, passionnée, pleine d'humour et au parlé franc, elle qui revendique sa liberté de penser et un certain esprit rebelle.

Multiactive, elle vient d'achever la traduction de la pièce Topdog/Underdog de Suzan-Lori Parks (Prix Pulitzer Théâtre en 2002) tandis que sa dernière pièce Camille et Justine a été publiée fin 2006 aux éditions Rc Rivarticollection, « une maison d'édition établie à New-York, qui publie en français et est dirigée par un Haïtien et une Espagnole », nous précise-t-elle amusée. La scénographe Catherine Calixte est d'ores et déjà intéressée par une adaptation de la pièce. Mais dans quelques jours, c'est au Grand Parquet que vous pourrez aller l'écouter, non pas pour sa pièce, mais pour des mises en lectures de textes de Frantz Fanon et Edouard Glissant.

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