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2007 : archives manif.

Esclaves au Paradis : exposition photo, colloque et projections - du 15 mai au 16 juin 2007 - Paris

C. A. Gautier-Esclaves au ParadisUne exposition photo de Céline Anaya Gautier du 15 mai au 16 juin 2007 - Espace Spring Court - Paris 11ème.
Un colloque sur le thème « Sang, sucre et sueur » le 16 mai 2007  à l'Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Paris (ENSCP), 11 rue Pierre et Marie Curie 75005 Paris et des projections de documentaires les 17 mai et 18 mai à 20h au MK2 Parnasse en présence des réalisateurs.

En République Dominicaine, la case de l'oncle Tom n'a jamais disparu. A proximité des plages pour tourisme de luxe, cachés derrière un rideau impénétrable de canne à sucre, des baraquements en bois insalubres, sans eau, ni électricité, abritent des familles entières venues d'Haïti.
Une fois passé le portail d'entrée des bateys, on n'échappe plus à cet enfer : les hommes s'éreintent dans les plantations de canne à sucre, les femmes tentent d'assurer la survie de leurs familles, les enfants nés de parents Haïtiens sont condamnés à devenir esclaves à leur tour…

Chaque année, ils sont plus de 20 000 haïtiens à traverser la frontière de la République Dominicaine pour travailler pendant une saison de zafra, la récolte du sucre.
Croyant fuir le chaos économique haïtien mais très vite privés de papiers et de droits, rétribués en nourriture sous forme de tickets de survie, les braceros se retrouvent piégés par un des réseaux d’esclavage les plus implacables et les plus “profitables” du globe. N’ayant aucun moyen de fuir, ils deviennent alors des saisonniers à vie.
La majorité de ces trafics d’humains s'effectue en dehors de tout cadre légal, sous le regard bienveillant des offices de migrations et de la police dominicaine.
Avec la bénédiction d’une certaine industrie sucrière...

Une vieille tradition locale...

Dès le XVIIIe siècle, les esclaves d'origine africaine assuraient l'exploitation de canne à sucre en République Dominicaine. Une situation révolue avec l'abolition de l'esclavage en 1794.
Puis, pendant l'occupation américaine des années 20, l'industrie sucrière connaît un nouvel essor et fait appel à des travailleurs volontaires d'origine haïtienne.
Mais leurs conditions de travail non respectées entraînent une révolte. Elle sera violemment réprimée par les forces armées dominicaines (plus de 20 000 morts).
À la suite de ce massacre, et grâce à la médiation des Etats Unis, des accords bilatéraux sont fixés entre les gouvernements dominicain et haïtien. Ils prévoient la fourniture de main d'oeuvre moyennant une compensation financière pour l'état Haïtien...
Les compagnies sucrières dominicaines versent ainsi 30 euros au gouvernement haïtien pour chaque homme, plus une somme allouée aux rabatteurs.
Aujourd'hui, des milliers de travailleurs Haïtiens, leurrés par les discours des buscones promettant un emploi bien rémunéré, sont soumis à des conditions de vie inhumaines dans les plantations sucrières, terrifiés par le sort réservé à ceux qui ont eu, un jour, l’idée de s’échapper. Certaines familles sont ainsi prisonnières depuis 4 générations...

La situation dans le pays reste totalement ignorée.
Les associations humanitaires internationales ne sont pas mobilisées car il ne s'agit pas d'une zone de conflit et la République Dominicaine est en pleine expansion économique notamment grâce au tourisme. L'image de paradis touristique masque les réalités vécues par ces populations.

Esclaves au Paradis : un évènement multiple pour dénoncer, débattre, soutenir

Céline Anaya Gautier, à l’initiative de cette action de soutien, a réuni autour d’elle une équipe pour que l’évènement puisse jouer son rôle : alerter l'opinion, susciter le débat et inspirer des solutions, soutenir en versant une contribution financière aux acteurs locaux les plus engagés sur le problème des coupeurs de canne.

Commençant à Paris, l’exposition tournera en province et dans les capitales européennes.

Agenda

- Du 15 mai au 16 juin 2007 - Exposition photo de Céline Anaya Gautier
Avec les illustrations sonores de Esteban Colomar Enguix, collectées dans les bateys.

Céline Anaya Gautier et Esteban Colomar Enguix ont pu s'introduire, avec de très grands risques, dans des camps de travail, des “bateys”, grâce à deux prêtres, Christopher Hartley et Pedro Ruquoy, présents sur le terrain pour aider, défendre ces hommes et femmes réduits en esclavage.
Ce qu’ils proposent comme photos et archives sonores est sans détour. Un témoignage cru, mais plein d’humanité, sur ce qui a été longtemps du domaine de l’inconcevable et du fantasme.

Cette exposition inédite se compose de 80 clichés dont certains ont déjà été publiés dans Match du monde, Courrier international...
Les ambiances sonores complètent ce travail : coupe de la canne, canne qui brûle, symboles de l'exploitation.
Par ces voix, diffusées durant l'exposition, les populations des bateys acquièrent une présence effective dans le projet.

- 16 mai 2007 - Colloque à l'Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Paris (ENSCP), 11 rue Pierre et Marie Curie 75005 Paris
Tables rondes organisées par Jean Marie Théodat et l’association Collectif2004images

Par cette journée de réflexion et d’analyse, sur le thème « Sang, sucre et sueur », nous voulons faire un état des lieux de la situation dans les bateys, caractériser la relation entre la culture de la canne et le recours à une main d’oeuvre servile ou maltraitée, décrypter les responsabilités et les devoirs de la communauté internationale, et sensibiliser le public français à une situation à laquelle il est lié malgré lui.

Ces tables rondes réuniront une dizaine d’intervenants internationaux : juristes, géographes, sociologues, historiens mais aussi des personnes de terrain, des responsables d’associations des droits de l’homme, etc…

Ces conférences-débats seront un écho au travail photographique de Céline Anaya Gautier, et permettront de mettre des mots sur les images.

- Cycle de films
Projections de documentaires : The Sugar Babies de Amy Serrano le 17 mai à 20h et The Price of Sugar le 18 mai à 20h suivi de Braceros de G. Maximin au MK2 Parnasse - 11, rue Jules Chaplain - Paris 6è - M° Vavin - En présence des réalisateurs.

- Tournée Nationale 
A travers les FNAC FORUM (Paris) et Marseille et les réseaux Amnesty International et Collectif Haïti de France - renseignements 01 43 48 31 78


Informations pratiques
Exposition photo de Céline Anaya Gautier
15 mai - 15 juin 2007
Espace Spring Court
5 passage Piver - Paris 11ème
Evènements associés : colloque - performance artistique - livre - CD
Site Internet : www.esclavesauparadis.org

Presse - Partenariats : Cyrille Totozafy - 06 19 98 74 22
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