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On a vu... par Gerty Dambury, poète, actrice dramaturge et metteuse en scène

En allant...En allant à Saint Ives de Lee Blessling avec Béatrice Agenin et Yane Mareine - au Théâtre du Marigny jusqu'en décembre 2006. Le temps se rafraîchit déjà après cet été indien. Si frais, sec et venteux qu'on en frissonne, et la petite salle du Théâtre du Marigny, malgré un accueil guindé, réchauffe vite les corps transis.

Salle traditionnelle, fauteuils rouges, rideau de velours rouge, on se sent à l'abri du froid inattendu sous le ciel bleu. Le rideau s'ouvre sur un petit salon : du blanc, du gris, du bleu ; une fenêtre en fond de scène, à peine voilée par un fragile rideau blanc. Nous sommes chez Cora Cage (Béatrice Agenin).
Dans cet espace cosy, image arrêtée d'un salon anglais, entre une femme africaine, Mary N'Kame (Yane Mareine), et le contraste est saisissant : le faste et les couleurs de son costume, la distance qu'il impose, la rigidité qu'il confère au corps de l'actrice, à son jeu même sont éloignés de l'attente que peut faire naître en nous la simple vue de ce salon anglais tellement traditionnel.

On s'attendrait à un échange teinté d'ironie, d'un peu de badinage peut-être, dans un décor comme celui-ci. Mais non, l'énergie de Madame N'Kame, le rappel incessant de son rang, - elle est la mère d'un Empereur Africain -, l'autorité, voire l'autoritarisme dont elle fait preuve, ouvrent la porte à une autre parole, à un conflit immédiatement donné entre ces deux femmes que tout semble séparer. A priori, elles n'auraient qu'une relation de médecin à patiente... très spéciale.

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