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Poétique et politique de la mondialité avec E. Glissant

“ Ce que l’on appelle mondialisation, qui est l’uniformisation par le bas, la standardisation, le règne des multinationales, l’ultra libéralisme sur les marchés mondiaux, pour moi, c’est le revers négatif de quelque chose de prodigieux que j’appelle la mondialité. La mondialité, c’est l’aventure extraordinaire qui nous est donnée à tous de vivre aujourd’hui dans un monde qui, pour la première fois, réellement et de manière immédiate, foudroyante, sans attendre, se conçoit comme un monde à la fois multiple et unique, autant que la nécessité pour chacun de changer ses manières de concevoir, de vivre, de réagir dans ce monde-là. ” (Edouard Glissant) La revue Les périphériques vous parlent et Edouard Glissant vous invitent à une journée manifeste pour la mondialité Poétique et politique de la mondialité le samedi 1er juin 2002 de 13h30 à 20h au musée des arts et des traditions populaires 6 av. Mahatma Gandhi - 75016 Paris

En opposition aux visées de la mondialisation économiste, Les périphériques vous parlent organisent une journée manifeste sur la mondialité, imaginée et préparée avec Edouard Glissant.

Nous vous invitons à vous joindre au public que nous considérons pour cette occasion moins comme une assistance que comme un ensemble de participants. Notre ambition, durant cette journée est de questionner et de prendre acte d’une mondialité en devenir à faire par tous et pour tous.
Accueil à 13h30 La manifestation débutera à 14h précises et se terminera à 20h. Cette manifestation est conçue à partir de différents espaces d'expression utilisant la parole, la théâtralité, la danse, la musique, l'image et le débat, en cela réside le caractère manifeste de cette journée.

Nous invitons donc le public à assister à l'ensemble des interventions et débats.

les intervenants Edouard Glissant (poète, écrivain, philosophe) René Passet (économiste), Jean-Marie Pradier (ethnoscénologue), André S. Labarthe (cinéaste), la rédaction des Périphériques vous parlent (avec Yovan Gilles et Christopher Yggdre), Marc'O (auteur, chercheur metteur en scène), Cristina Bertelli (laboratoire d'études pratiques sur le changement) les interventions des lectures de poèmes par Edouard Glissant accompagné par les musiciens de Génération Chaos le film Un imaginaire pour une mondialité à faire réalisé par Federica Bertelli (fragments de deux rencontres, avec Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau), 20 mn
le film Adieu Rita (qu'arrive-t-il au cinéma ?) d'André S. Labarthe 6 mn une multivision de Cristina Bertelli intitulée La place du féminin dans la mondialité à partir de tableaux de la peinture maniériste, 22 mn

les poésies scandées et rappées de D' de Kabal.
Une performance vocale des poètes-rappeurs-slameurs Lyor, Néobled, Nina Nonyme, Nour, Rouda, Yann
la pièce musicale Les barbares arrivent avec gourmandise de Génération Chaos
texte et acteurs Yovan Gilles et Federica Bertelli, musiciens Sébastien Bondieu et Piersy Roos, son Pierre Alessandri mise en scène par Marc'O, 30 mn

Depuis plusieurs années, face à la mondialisation économiste, émerge à l’échelle planétaire un mouvement diffus de résistance et d’existence. Celui- ci manifeste le refus que la destinée de l’humanité dépende des lois d’un marché roi qui subordonne les manières de vivre, de produire et de penser aux calculs des opérations profitables. Dans le même temps, les réalités mues par la globalisation de l’économie contrastent avec les déclarations de ses promoteurs qui la présentent comme l’expression de la modernité et le symbole du progrès humain. Or, de nombreuses crises, conflits et déchirements qui se produisent dans le monde émanent plus ou moins directement du développement de la mondialisation et, par conséquent, des oppositions multiformes qui partout se font jour pour dénoncer les calamités sociales générées par une guerre économique qui érige en évangile universel la compétitivité de tous contre tous. Les mentalités, en proie aux turbulences de toutes sortes, oscillent alors entre l’espérance et la résignation, la rage et le conformisme, la révolte et la désillusion. Le physicien Ilya Prigogine affirme de notre époque qu’elle est celle de la fin des certitudes . Les certitudes, dirons- nous, le monde actuel n’en est pourtant pas avare, tenté qu’il est de substituer à la pensée unique d’autres pensées tout aussi uniques auxquelles les populations se cramponnent afin de conjurer la peur d’un avenir qui se dérobe à leurs attentes ; sans oublier cette peur de l’autre dont l’inquiétante étrangeté dessine, aux heures désolées, l’augure d’un ennemi aussi invisible qu’absolu. Quand ce n’est pas le grondement des conflits armés qui étouffe celui des nécessaires batailles symboliques, ce sont les mots d’ordre racoleurs qui couvrent sous une chape de plomb médiatique, la visée d’un monde pluriel qui ne fait pas forcément sens du simple fait qu’il ferait slogan. Ce monde autre , nombreux sont ceux qui l’appellent de leurs vœux, sans forcément prendre la mesure des pratiques humaines, sociales, politiques et culturelles par lesquelles devenir capable de le rendre possible. C’est pour donner un nom et un devenir à cette quête que la notion de mondialité doit être distinguée de la mondialisation économique. La mondialité se réfère à l’ensemble des pratiques sociales et des expériences humaines perçues dans leur diversité.

Aussi, “ la manière de résister à la mondialisation” , écrit Edouard Glissant, “ ce n’est pas de nier la mondialité, mais de concevoir quelle est la somme finie de toutes les particularités possibles et de nous habituer à l’idée que, tant qu’il manquera une particularité, la mondialité ne sera pas pour nous ce qu’elle devrait être ”. Cette diversité essentielle des humanités ne peut se contenter de la reconnaissance formelle d’un droit à la différence, et surtout pas se conclure par un resserrement frileux autour d’identités closes et exclusives de l’autre. Agir et penser dans les contextes mouvants d’une mondialité pouvant frayer la voie à une citoyenneté mondiale, c’est assumer la créolisation qui la fait advenir bien au- delà de l’archipel caraïbéen, c’est- à- dire le “ métissage culturel qui produit de l’imprévisible ” ; créolisation, encore, par laquelle le sens se fait et se défait, les langues se lient et se délient, libérant l’imaginaire des réminiscences qui le rivent à des images idéales et à des identités pétrifiantes, en déclinant le désordre en pluriel d’ordres (des ordres). Désordre ? L’univers, nous suggèrent les sciences du chaos, loin de reposer sur des lois d’équilibre et de stabilité, dérive au contraire d’un désordre permanent. Mais l’instabilité qui en résulte est une source de créativité qui rend possibles de nouveaux équilibres dans le déséquilibre. Cette créativité trouve à s’exprimer dans tous les domaines de la vie et se loge dans tous les registres du savoir. Elle constitue, à n’en pas douter, la principale richesse dont le citoyen dispose aujourd’hui pour se donner avec les autres un devenir et sortir d’une mondialisation qui alimente un formatage culturel mondial , bornant l’horizon du devenir humain à la satisfaction de besoins issus de la consommation et de la production de masse. Persister à l’ignorer, c’est laisser se renforcer les privilèges que des minorités au pouvoir s’approprient sous le prétexte qu’il existerait une masse indistincte de gens frappée d’abjection, condamnée à mener une existence de créatures interdites devant des créateurs trônant dans un Olympe inaccessible.

L’ensemble de ces réflexions et de ces positions sont à l’origine de cette journée manifeste de la mondialité organisée par la revue Les périphériques vous parlent . Plus que de rendre manifestes des idées, il s’agit de manifester ces idées à travers des pratiques et des modes d’expression qui constituent les éléments d’un trajet. Moins qu’à engager les participants à un “colloque” qui prétendrait épuiser son sujet, notre souhait est que cette journée inaugurale soit l’occasion de prendre acte des perspectives que cette notion de mondialité ne peut manquer de susciter. C’est dans cette acception que nous la voulons comme une manifestation poétique, mais dans le sens où Lautréamont affirmait de la poésie qu’elle doit avoir pour but la vérité pratique . Les périphériques vous parlent Sur l’Imaginaire - Ce par quoi le concept échappe à son enfermement c’est à dire à son propre système. - Ce par quoi une communauté échappe à son propre enfermement, pour entrer dans le système non-systématique du monde. - Ce par quoi l’expression, concevant et exprimant, exprime non le concept seulement, mais tous les modes articulés d’une relation à un monde en mouvement. - L’imaginaire «totalise» le conçu et le non conçu, par exemple ce qui manque à une communauté, le non dit ou le non vécu, pour sortir de son enfermement. - L’imaginaire dépasse le dit, le vécu, le concept, l’éprouvé, les englobant dans une dynamique. - Cette dynamique est proprement une poétique. Edouard Glissant

Entrée libre dans la limite dans la limite des places disponibles réservation possible avant le 25 mai par téléphone : 01 40 05 04 24 ou par e-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
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