On a vu... : Tangora au festival de jazz "off" de Sainte-Lucie 2006

TangoraProgrammée dans le festival de jazz "off", Tangora semble être une des rares à interpréter un répertoire jazz caribéen, très frais dans un festival de jazz qui bientôt n'en portera peut-être plus que le nom.

 Tangora aura sans doute laissé une impression indélébile chez la centaine de spectateurs qui avait répondu à l'invitation de l'Alliance Française de Sainte-Lucie, l'après-midi du 9 mai 2006, pour un récital en plein air. "Un parterre très conservateur" (traduction : la majorité ayant plus de 30 ans... Certains dépassaient même la cinquantaine) d'après l'ingénieur du son, qui a décidé de régler la sonorisation en conséquence. Tout a débuté lentement. On a dû attendre qu'il y ait suffisamment de monde pour commencer. Dès les premières mesures, on souriait d'aise, se disant "Ah, enfin du jazz caribéen"...

 

Mais nous sommes allés de surprise en surprise. Tombés sous le charme. La voix chaude et satinée, pleine de fraîcheur par moments, beaucoup de présence, un phrasé impeccable, sens du rythme époustouflant, du charme à revendre, aucun artifice - elle est encore mieux pied nus - des musiciens complices; un répertoire varié. Autour de moi, on était agréablement surpris de l'entendre chanter en brésilien; elle a étonné aussi avec son interprétation très personnelle de "My Favorite Things" (rien à envier à Julie Andrews). Son côté afro-funky nous a laissés pantois. En un mot, on l'a adorée !


Tangora est passée presque inaperçue dans les médias saint-luciens, qui n'ont d'yeux et d'oreilles que pour les têtes d'affiches qui savent faire du bruit, annoncées à grands coups de clairon depuis l'étranger, ou pour une poignée d'artistes locaux. Le reste leur échappe.

 

Le 15ème Festival de Jazz comme les dernières éditions est de moins en moins jazzy. Sont programmées de plus en plus de musiques populaires caribéennes des îles anglophones, comme la soca ou autres jump-up, du compa haïtien et autre zouks et sons américains commerciaux. Le soir du 8 mai à Soufrière, Tangora est passée aussi sur le débarcadère, dans le festival "off",  Jazz in the south . Un festival au succès grandissant qui a le mérite de décentraliser les manifestations et de permettre une participation populaire. Toutefois, Tangora et son groupe faisaient partie d'une brochette dépareillée. Visiblement, les deux festivals de Jazz, l'officiel et le "off" risquent de ne plus ressembler qu'à de simples festivals de musiques, voire des fêtes de quartiers à grande échelle, s'ils persistent dans une programmation soucieuse seulement d'attirer les foules en manque de divertissement chaloupé. Le succès est là, mais le jazz de moins en moins...

 

NB : les sites Internet cités dans ce texte vous laissent entendre des extraits des groupes programmés.

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