Artiste du mois : Michèle Montantin, promoteur culturel et dirigeante d'entreprise - Guadeloupe

M. MontantinC'est aujourd'hui que démarre la nouvelle édition de Textes en Paroles, une manifestation à l'initiative de Michèle Montantin qui depuis ces dernières années s'implique bénévolement dans le monde culturel en Guadeloupe.

Née en 1943 d'un père guadeloupéen professeur de lettres et d'une mère parisienne, Michèle Montantin reçoit dès sa plus jeune enfance une éducation tournée vers la littérature et le théâtre.
Quelques années plus tard, elle s'oriente vers des études de lettres à la Sorbonne mais n'en oublie pas pour autant son intérêt pour la scène : elle suit ainsi une formation théâtrale au Centre Dramatique du Sud-Est Aix-en-Provence en 1965 puis à Nancy au Centre Universitaire International de Formation et de Recherches Dramatiques sous la direction de Jack Lang.
Dans les années 70, Michèle Montantin accompagne son mari en Tchécoslovaquie où elle découvre une société communiste au bord de la faillite. Là-bas, ne pouvant jouer au théâtre « à cause de son accent », elle chantera, l'espace de quelque temps, dans un groupe de rock.
De retour en Guadeloupe en 1973, elle enseigne 9 ans durant dans les collèges du département avant de se voir confier la direction du Centre d'Action Culturelle de la Guadeloupe.
« Les Rencontres Caribéennes de Théâtre » en co-diffusion avec la Scène Nationale de Martinique, les rencontres autour du créole « Téyat et kréyòl », de la culture ka « Waka », ou encore les concours d'écritures romanesques et de bandes dessinées sont autant de manifestations qui voient le jour sous l'égide de Michèle Montantin. Cependant, malgré son investissement, elle sera licenciée en 1987. Une année de congés forcés mais qui lui donne néanmoins l'occasion de se consacrer à l'écriture et à la mise en scène. Sa première création, « Vie et Mort de Vaval », évoquant les mythes revisités du carnaval, se voit récompensée par l'association Beaumarchais en 1988. D'autres pièces suivent alors dont « Le chemin des petites Abymes » créée en Martinique au Théâtre Municipal de Fort-de-France par Michèle Césaire et, « La nuit de la Comète », écrite en résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lèz-Avignon.

En 1989, Michèle Montantin se tourne vers le monde de l'entreprise en créant sa propre société de communication et de gestion artistique et culturelle. C'est avec cette structure que commence l'aventure de l'association Livres en l'île créée avec le concours des bibliothèques de la ville de Pointe-à-Pitre et qui donne naissance au Salon du livre de la Guadeloupe, une manifestation qui animera la vie littéraire guadeloupéenne durant quelques années.
Parallèlement, Michèle Montantin est sollicitée en 1993 afin de prendre la direction d'une petite entreprise de service aux entreprises. Même si le contact avec le milieu économique, le monde de l'entreprise et les problématiques sociales ne constituent pas pour elle des nouveautés, elle est amenée à réaliser « une forme de grand écart entre la création artistique et son organisation culturelle et sociale, en tant qu'artiste [...] et, le management des ressources de l'entreprise en contact avec le monde économique et les lois du marché ».
Aujourd'hui, dans le cadre de ses fonctions, elle lance le projet Alliance pour Clovis, projet intercaribéen de mise en place de hubs portuaires dans le cadre de la future zone de libre échange de la Caraïbe.

Malgré ses activités multiples, Michèle Montantin n'en reste pas moins attachée à sa première passion : le théâtre. Présidente du Comité d'Experts pour le Théâtre de la DRAC Guadeloupe, elle préside également depuis 2002 Textes en Paroles, association dévolue à la découverte et à la promotion des écritures théâtrales contemporaines dans « l'univers caribéen ». L'édition 2006 se déroule dans un contexte difficile après le décès il y a quelques mois de Noël Jovignot, l'un des fondateurs de l'association. La situation délicate à laquelle doivent faire face le monde culturel, les intermittents du spectacle et le spectacle vivant vient aussi ralentir les actions de la structure. Pourtant, malgré ces obstacles, Textes en Paroles résiste et nous propose jusqu'au 20 mai 2006
4 jours intenses de lecture publique.

Share