Henri Guédon

H. GuédonHenri Guédon nous a quitté ce dimanche 12 février des suites de sa maladie cardiaque. Gens de la Caraïbe s'associe à la douleur de la famille, des proches et de son public qui l'a aimé pour ses peintures, ses musiques. Nous garderons en mémoire sa gaité inébranlable malgré ses troubles de santé. Il avait du annuler plusieurs participations à des concerts et à des manifestations, comme le Forum AfricAméricA en Haïti en 2004.

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Hommage à la mémoire d’Henri Guédon
Par André LUCRECE*

Les artistes sont les forgerons d’une sauvagerie pulpeuse qui creuse son lit dans un réel qu’ils soumettent aux secousses sismiques d’une faim de dieux. Grâce aux grandes battues de l’esprit, ils font danser les signes afin que resplendissent les entrailles du monde.

Tel était Henri Guédon, artiste qui étendit aux plus larges bords toutes les facettes de son talent. Parti des traces de sa terre natale, il a su, sans les quitter, faire porter son exigence formelle par les mythologies les plus cordiales afin de dire l’essentialité du monde.

Il a montré à quel point l’art peut mettre l’Homme dans ses états limites, sur le jute du désespoir ou sur la natte tressée de la jubilation, à quel point l’art soumet surtout l’Homme à son rang silencieux.

C’est ainsi que, telle une conscience cochère, Henri Guédon a permis le passage, nous apprenant à voir ce qui demeure caché, « la bergerie des ombres » : l’ordonnance désorientée du visage, notre psyché de la représentation animale, la physique de la musique, la chorégraphie des signes, le gésir pétrifié dans le corps, le vide des bouteilles exaucé dans la forme.

Par sa volonté de recomposer l’univers des choses, et par sa probité d’artiste, il nous ouvre le passage au son du Tin tin deo.

Voilà pourquoi, nous avons choisi avec le fraternel consentement d’Henri ses Arbres de la Liberté comme symbole des Ecritures métisses*. Ils continueront plus que jamais à accompagner symboliquement les semences littéraires.

C’est, une fois de plus, toute cette irradiation consciente que je veux saluer ici, celle d’un homme dont la fraternité d’homme et la conscience artistique constituent l’un des plus beaux témoignages humains.

André LUCRECE

* Chroniqueur littéraire sur Radio Martinique, organisateur du Salon International du livre de Schoelcher
* Salon International du livre de Schoelcher

La famille, les amis, les associations vous informent que l'oraison funèbre sera prononcée le jeudi 16 février 2006 à 17h00 à l'Eglise Sainte Marguerite dans le 11ème arrondissement à Paris.
Une veillée sera ensuite organisée de 20h00 à 23h00 dans la salle " Banlieue Bleue " 9 rue Gabriel Josserand à PANTIN (93500) - Métro Aubervilliers Pantin - 4 chemins.

Pour ceux qui sont en Martinique, une veillée sera organisée à l'ancienne mairie de Fort-de-France le vendredi 17 février
La cérémonie d'enterrement aura lieu le samedi 18 fevrier en l'église de Bellevue à Fort-de-France

Tous ceux qui veulent rendre hommage à ce grand artiste sont invités à participer à ces moments de recueillement.

Retrouvez le dernier ouvrage paru et consacré à son oeuvre "Henri Guédon de Collectif" chez www.hc-editions.com.

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