Mimisouk Kamalakuli Mato : l’esprit du festival… et la suite ?

Nuit des conteurs - Premier setEdito de la Lettre de Kamalakuli Mato publiée à l'occasion du festival...

Kamalakuli Mato est né d’une envie de réveiller le conte mais  aussi de l’envie de partager le plaisir d’écouter et de dire des contes. Le valoriser en le faisant monter sur scène, retrouver les contes enfouis dans les mémoires, redonner envie de les dire.
En cinq éditions, le festival s’est installé, le public est préparé à entendre des contes en toutes langues de Guyane et d’ailleurs, les conteurs aiment venir en sachant qu’ils ne sont pas là seulement le temps d’un spectacle mais le temps d’une rencontre de plusieurs jours avec des collègues, des amateurs, nou gangan (les aînés), du public et des bénévoles organisateurs.  Le conte en Guyane a ainsi repris des forces. Les conteurs sont invités dans des bibliothèques, écoles, événements divers.
Le festival a de l’esprit. Des idées aussi,  non plus uniquement pour l’interculturel mais aussi l’interdisciplinaire. La 5°  édition a donc intégré une exposition d’arts plastiques proposant des œuvres inédites autour du conte, ce qu’il dit, comment il se construit, les traces qu’il laisse dans les imaginaires, dans la salle de la Relégation collective du Camp de la Transportation. Si cette envie d’exposition collective s’est faite, c’est que Christelle Patinon a porté à bras le corps ce projet. Avec passion et professionnalisme. En septembre, elle sera à La Réunion.
Dans un pitakòk, celui de Monsieur Léon, Krutu Kont proposait de parler du conte, de reposer ses bases. Le cercle du pit permet de placer chacun à même distance du centre et de se voir tous. Les karbé kont ont investi les espaces de rencontres des quartiers où les enfants pouvaient venir seuls ou avec leurs parents.
Le soir réunissait les familles entières où chaque oreille retenait ce qu’elle voulait des contes.  Les amateurs précédaient ou suivaient les conteurs professionnels avec l’idée sous-tendue d’échanger des expériences, des contenus. Les conteurs invités et résidents ont profité du cadre mis à leur disposition pour partager des moments de rencontres, vivre Saint-Laurent du Maroni, aborder le multilinguisme et les diverses compréhensions dues aux différentes cultures. Papa Yonkuman, venu de la rive du Surinam avec ses 75 années  a partagé ces moments de paroles, même si le sens pouvait lui échapper.
Le festival des conteurs s‘est fini au centre pénitentiaire de Rémire Montjoly…

Kamalakuli Mato est depuis ses débuts porté par un conteur qui lui a donné un corps et un esprit que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Le festival se pose toutes les questions nécessaires aux respects des pratiques de chacun. Que faire aujourd’hui de ce festival ? Développer des ateliers pendant l’année pour des futurs conteurs ou pour  ceux qui veulent faire évoluer leurs pratiques ? Faire du festival  l’aboutissement d’un travail sur l’année ? Il semblerait que le fondateur de ce festival ait besoin lui-même de retrouver sa pratique de conteur pour maintenir l’esprit, l’âme du festival et déléguer à d’autres l’organisation logistique. Le festival arrive à un « kat chimen ». Quelle direction prendra-t-il ? Quel avenir ? Quels prolongements lui donner ?   Autant de questions qui méritent d’être posées et résolues si nous tenons à cet événement. Voilà dans cette lettre quelques pensées de conteurs passés par là en 2005 qui aideront à la réflexion. A bèt séryé !

Karole Gizolme et Christelle Patinon.

Au sommaire de la Lettre de Kamalakuli Mato

- Edito
- De la veillée à la scène avec des contes sociaux - Jean-Claude Duverger
- Première scènes - Mblia Siong, Joseph Amete
- Le conte d’aujourd’hui - Serge Tamas, Monfeï Obin, Sully Andoche
- Le conte actuel a besoin de…- « Fayo », Augustin Julian
- Cap Kont et Krutu Kont
- Remerciements
- Le mot de la fin - Sully Andoche

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