Marie Meudec, étudiante en DEA – les kout poud en Haïti

Marie MeudecOriginaire de Bretagne, Marie effectue un DEA d’anthropologie bioculturelle option anthropologie de la santé à l’Université d’Aix-en-Provence.

Quel est le thème de ton mémoire ?
L’intitulé de mon mémoire serait « le Kout poud aspects socioculturels, médicaux et magiques d’une représentation de la maladie en Haïti ». En fait, je suis partie d’une explication de la maladie qui s’appelle le « Kout Poud », et qui renvoie à des représentations de la maladie bien particulière, symbolique pour être précise, avec des thérapies particulières prises en charge par des houngans, c’est-à-dire des prêtres vodous. Je me suis intéressée autant à la maladie, à la médecine, qu’à la religion vodou et aux religions en générale en Haïti. J’ai également tenu compte de tout le système politique dans la mesure où il expliquait le Kout poud.

Qu’est-ce qu’un « Kout poud » exactement ?
Quand on dit que quelqu’un a pris un « kout poud », cela veut dire qu’on lui a envoyé de la poudre. Envoyé, cela peut être de différentes manière : sur le pas de la porte, on peut l’avoir mis dans le chapeau… Tout ça renvoie en fait à la magie, à la sorcellerie…

Qu’est-ce qui t’as motivée dans le choix d’un tel sujet ?
C’est je pense la difficulté qui m’a attirée. J’ai rencontré beaucoup de chercheurs, avant de commencer mon travail qui me disaient que peu de choses étaient faites sur Haïti étant donné la situation politique... Je m’en suis rendu compte quand j’y suis allée l’hiver dernier, en 2004, pendant 4 mois.  C’était vraiment le summum de la crise, je suis arrivée en Haiti en mars juste après la chute d’Aristide.
 
Justement, quelle a été ta démarche ?
A partir du moment où j’ai choisi d’étudier Haïti, j’ai travaillé à peu près pendant un an pour préparer mon voyage. Il était important pour moi de ne pas arriver comme ça comme un cheveu sur la soupe. De la France, j’ai essayé de récupérer et d’apprendre tout ce que je pouvais trouver sur Haïti que ce soit au niveau économique, touristique, politique... Et puis surtout j’ai voulu tout de suite chercher à m’imprégner de la culture haïtienne et à apprendre la langue. C’était, je crois, indispensable. Il y avait deux haïtiens à Aix-en-Provence, j’ai pris contact avec eux et je leur ai demandé de m’apprendre les bases du créole haïtien. Je me suis aussi servie d’ouvrages, de méthodes pour apprendre le créole haïtien. La musique aussi m’a beaucoup aidé, j’adore la musique en général et j’ai découvert le compa et vraiment je suis ravie ! Quand on écoute le chanteur, la langue n’est pas travaillée, et je crois que pour éduquer son oreille c’est ce qu’il y a de mieux. J’ai aussi préparé mon voyage en prenant contact avec des gens qui sur place pouvaient m’accueillir. J’ai échangé pendant plusieurs mois avec eux via Internet. Au début, j’ai beaucoup écouté les informations à la radio qui sont souvent en créole (il y a à peine 10% de la population qui parle français). Au bout d’un certain temps, mon oreille s‘est  véritablement faite à la langue et j’ai pu me « rendre en province » comme on dit là-bas, c’est-à-dire à la campagne pour rencontrer un maximum de personnes. J’exigeais des gens qui m’hébergeaient de me parler uniquement créole. C’est vrai que j’ai vraiment réussi à m’imprégner de la culture haïtienne. A l’Université de Juillet, je continue à pratiquer vu que je peux rencontrer quelques haïtiens !


Contact : Meudecmarie©yahoo.fr

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