<P>Colin Murray, un américain dans l’immigration antillaise à Paris et à l’UJ.</P>

Colin Murray

Quel a été ton parcours ?
J’ai une formation généraliste à Weslyan dans le Connecticut. Je me suis spécialisé dans les lettres et plus particulièrement dans la littérature française. Mon mémoire était à la fois philosophique, littéraire et portait sur l’art d’écrire. Je me suis intéressé à un poète du XIXème siècle, Maurice de Guérin. Par la suite, je voulais faire des choses beaucoup plus sociologiques et historiques. Je suis donc allé à la New York University pour faire une maîtrise en étude française, c’est-à-dire sociologie et histoire française. Alors que j’étais encore à Weslyan, j’ai effectué un semestre à Paris. J’ai été interpellé par l’immigration antillaise en France. J’ai donc choisi d’étudier cela dans le cadre de mes études.

Qu’est-ce qui a suscité chez toi cet intérêt ?
Je me suis rendu compte que la présence antillaise à Paris n’était pas très visible comparée à la présence des West Indians à New-York. J’avais aussi remarqué que la présence des Africains, des Nord africains, des Chinois était elle aussi davantage visible. Je n’ai pas du tout remarqué de phénomène de communautarisme, d’organisation en terme spatiale ou politique et c’est en fait ce qui m’a intéressé. Je voulais comprendre tout ça. J’ai donc commencé ma maîtrise en étudiant la migration Bumidom en France. J’ai aussi étudier la notion d’identité antillaise, et comment celle-ci évolue par rapport aux migrations. Je me rends compte que ma maîtrise ne me permet pas véritablement d’effectuer un travail de recherche très approfondi. Je pense prendre une année sabatique et reprendre ce travail après un an.

Que comptes-tu faire pendant cette année ?
Je vais vivre ici en Guadeloupe. Je serai assistant d’anglais dans un lycée. Cette année va me permettre de m’immerger dans la culture antillaise. Je vais aussi pouvoir pratiquer le créole guadeloupéen que j’apprends depuis déjà un an. J’ai eu une expérience assez unique en étudiant le créole : quand j’étudais le français,l’espagnol ou l’italien, c’était en général facile pour moi au moins de capter la grammaire au début... Avec le créole c’est tellement plus difficile ! Le créole à mon avis est une langue vraiment intéressante qui devrait être reconnue davantage par les autres.

Comment t’es-tu intéressé aux cultures caribéennes ?
Je crois avoir toujours été intéressé par les cultures caribéennes. A l’université, j’avais des amis West Indians. Je dansais dans un groupe de socca et de reggae (Kalalou)... Mais il n’y avait pas vraiment de communauté antillaise française. J’ai aussi dansé dans un groupe de meringue, c’était vraiment bien ! J’ai toujours aimé aussi tout ce qui était repas antillais. Du coup, quand j’ai commencé à étudier la France, c’est tout naturellement que j’ai choisi de m’intéresser aux Antilles. Je trouvais ça beaucoup plus stimulant d’un point de vue intellectuel, historique, sociologique...

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