Table ronde : Haïti 1804-2004 - modèles et perspectives

Dans le cadre de l’Université de juillet 2004 du 1er au 10 juillet 2004, L’Ecole doctorale de l’Université Antilles Guyane organise une table ronde, mercredi 7 juillet 2004, 19h00 - Campus de Fouillole - Amphi. Descamps.
Entrée libre.

"En inscrivant au programme de cette Université de Juillet 2004 la question haïtienne, les organisateurs ont voulu interroger doublement l’actualité. Une interrogation sur l’histoire tumultueuse de la 1ère République noire, 200 ans après l’Indépendance. Il ne s’agit pas d’établir un bilan, mais bien de tenter de comprendre la singulière évolution d’Haïti. L’autre interrogation portera sur la place d’Haïti dans son environnement caribéen. Entre le mythe et la réalité comment situer Haïti dans la dynamique régionale. Cette réflexion ne peut éluder des questions aussi importantes que l’idée de pouvoir dans son rapport avec l’autorité, la démocratie et la mobilisation populaire, le rôle de la diaspora haïtienne dans la construction de l’Etat".

Julien Mérion - Modérateur


Résumé des interventions

LE PEUPLE HAITIEN, UN DEFI A ASSUMER
Jean CASIMIR - sociologue, Université de Port-au-Prince, Haïti

Le peuple haïtien naît sur la place du marché international du travail en défiant la pensée occidentale.    Il tourne le dos aux institutions centrales des États européens qui font de leurs captifs des Noirs et des esclaves de naissance.  Il rejette les processus de créolisation mis en œuvre par ces puissances pour assurer le fonctionnement de l’économie et de la société dans leurs États-nations.   Il répond à cet ethnocide en inventant un nouveau Noir, sans aucun rapport avec les définitions du Code de Louis XIV.  Le Noir, le Blanc et le Mulâtre de l’Occident quittent le territoire haïtien en novembre 1803 avec l’armée expéditionnaire venue à leur rescousse.  Des vestiges de ces personnages hantent encore la vie publique nationale, mais, de 1804 à 1915, les Haïtiens convertissent une colonie d’exploitation en colonie de peuplement, et réussissent, dans ce laps de temps, sans immigration et sans assistance technique, au moins à quintupler la population.


HAÏTI : L’ORAISON DEMOCRATIQUE
Fred RENO - professeur de sciences politiques, Université des Antilles et de la Guyane, Guadeloupe

Après le départ des Duvalier et l’avènement de Jean Bertrand Aristide, on a cru que le duvaliérisme était mort ou agoniserait assez rapidement pour débarrasser Haïti de la dictature. On a postulé l’horizon démocratique.
En réalité, la démocratisation en Haïti prend la forme d’une oraison parce que plus qu’ailleurs elle est faite d’incertitudes. Aujourd’hui, elle se nourrit de deux maux qui, paradoxalement, pourraient à terme favoriser son ancrage : la dépendance, parce que celle-ci concourt à la mise en place des conditions du jeu démocratique, l’autoritarisme parce que le phénomène est encore menaçant et appelle par conséquent une vigilance  permanente et une mobilisation qui pourraient aboutir à son dépassement.
L’autoritarisme est une constante de l’histoire de ce pays. La démocratie qui tend timidement à voir le jour, se heurte à des comportements que l’on ne peut comprendre sans une interrogation sur la culture politique haïtienne modelée par plus d’un siècle de pouvoir fort.


2004 : QUE CELEBRER EN SOMME ?
Jean-Marie THEODAT - géographe, Université Paris X, France

L’idée est de montrer que la célébration de l’année 2004 coïncide avec l’aboutissement des trois temporalités.
1. le temps long : deux cents ans d’indépendance
2. le temps moyen : 18 ans de démocratisation
3. le temps court : l’expérience Aristide (10 ans d’exercice du pouvoir)

L’idée est de tirer les leçons de cette triple convergence historique qui détermine notre présent et nous projette dans l’avenir.

Contacts
Campus de Fouillole
Presse - Axelle Selbonne - GDC : 06 90 71 08 48
Responsable de l’Université de Juillet : Michel Dupont 05 90 93 87 53
Responsable « sciences sociales et humaines » : Jean-Pierre Sainton

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