Haïti Chérie - la Compagnie de la Vega (Tout public : mercredi 10 et samedi 13 mars)

Rose-Aimée et Jean-JosephLa pièce Haïti Chérie est née de la rencontre avec Maryse Condé, qui a encouragé la Compagnie de la Vega à monter une adaptation théâtrale de son roman Rêves Amers.

C’est avant tout l’histoire de Rose-Aimée, enfant d’Haïti, l’histoire de son pays, de ses coutumes.
Rose-Aimée, jeune fille de seize ans, donnée, bafouée. Ses parents trop pauvres la confient à une "dame" de la ville. Traitée comme une esclave, elle s’échappe et n’a plus d’autre refuge que les rues de Port-au-Prince. Obligée de travailler dans un fast-food, elle y est exploitée. L’amitié, partagée avec d’autres enfants des rues, l’amène à choisir l’exil et la clandestinité au péril de sa vie. Rose-Aimée, morte à dix-sept ans, qui malgré la misère et l’injustice, a toujours gardé l’espoir.
Cette pièce, tirée d’un fait réel, aura un impact sur les jeunes de toutes origines, de tous milieux. Le monde de Rose-Aimée existe sur un petit morceau de terre, de misère, avec pour seul horizon la mer, l’inconnu, et peut-être une vie meilleure. Ici c’est Haïti. Mais le drame de l’enfance volée reste universel.
La création d’Haïti Chérie, est une suite cohérente pour la compagnie de la Vega, qui, après deux créations pour enfants et deux spectacles plus engagés pour adultes, souhaite poursuivre son objectif : éveiller le jeune public aux réalités de notre monde, d’hier et d’aujourd’hui, pour les conduire vers une réflexion plus approfondie et peut-être plus pertinente.
Une conteuse accompagne le périple : mère de Rose-Aimée, mais aussi guide et esprit protecteur. Elle est également, pour le spectateur, porteuse des repères sociaux-culturels haïtiens. Les six comédiens évoluent dans une scénographie qui recrée l’ambiance vivante et naïve des peintures haïtiennes. Les jeux de lumière sculptent l’espace et participent également à la définition symbolique des différents lieux. La création sonore allie musique antillaise traditionnelle et ambiances urbaines. La ville, fascinante et dangereuse pour Rose-Aimée, le sera aussi pour le public grâce à des sons amplifiés et déformés.
En définitive, Rose-Aimée, émeut par son envie de vivre, sa "belle" façon d’aborder les problèmes graves tout en gardant une sorte de légèreté, sa naïveté, et enfin sa dignité. Les nombreuses péripéties qui émaillent son histoire ne peuvent que toucher le jeune spectateur.


Photo : Rose-Aimée et Jean-Joseph - répétition à L’Artchipel

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