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La suite du Congrés des écrivains de la Caraïbe en Guadeloupe

Télécharger la charte des écrivains signée le vendredi 28 novembre 2008

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Cette charte préconise la mise en place d'une Association des Ecrivains  avec cinq membres permanents dont notamment Roger Toumson.

Lyonel Trouillot, écrivain d'Haïti,  avait souligné la nécessaire question du pouvoir sur les choix de livres, les réseaux de diffusion que devait se poser les régions caribéennes. En d'autres termes et dans cette perspective, il encourage à privilégier des maisons d'édition locales ou à négocier des accords de co-édition avec les maisons parisiennes, canadiennes ou autres.

Bibliothèque itinérante dans la Caraïbe (comme par exemple le festival itinérant La muestra initié par Cuba), des commissions pour des traductions d'oeuvres de la Caraïbe, un prix littéraire décerné aux maisons d'éditions, un renforcement des initiatives existantes autant de propositions faites par les intervenants en parallèle de la nécessaire circulation des idées contenues dans les oeuvres de la Caraïbe.

 

Si aux Etats-Unis, les oeuvres de la Caraïbe sont étudiées en Université sur des thèmes très précis, notamment la sexualité, ou la place des femmes, Alfred Alexandre et Alexandre Cadet-Petit ont fait connaître les derniers thèmes abordés dans les circuits francophones autour notamment de l'incertitude.

Un prix du Conseil régional de littérature a été évoqué bien que selon certains cela affaiblirait le Prix des Amériques Insulaires ou encore le Prix Carbet qui depuis plusieurs années se sont incrits dans le paysage littéraire et méritent d'être renforcés. Ces deux prix couvrent  un champ caribéen. 

 

Enfin, un tel événement à la veille du Festival caribéen de musique "Gwadafest" et en parallèle de la préparation des Assises de la Culture pour dessiner un Schéma régional de développement culturel, donne de la Région une image forte d'implication culturelle. Lors du lancement du Congrés, Victorin Lurel avait mis de côté son discours pour faire partager sa propre approche culturelle de la Caraïbe en citant aussi bien VS Naïpaul, que CRL James ou encore Georges Lamming. Une envolée qui a surpris agréablement la salle et les invités non francophones comme notamment Merle Hodge (Trinidad), Olive Senior, Mervyn Morris (Jamaïque), et bien d'autres qui avaient d'ailleurs participé à un événement aussi rassembleur "La conférence des oiseaux Zémis"  en 2003 en Martinique  (1).

 

Souhaitons que ce Congrés tiendra ces promesses en fédérant les volontés publiques et privées autour de la littérature au delà des querelles de personnes et de clans politiques.  La Grande Caraïbe a besoin de ces courants de pensée et poétiques pour se reconstruire pour ouvrir tous les possibles, il en est grand temps à l'heure où le constat a été fait par Alexandre Cadet-Petit et bien d'autres que "nous sommes en marge de la Caraïbe". Un constat qui semble être valable pour tout territoire de la Caraïbe désespérément tourné vers leurs "métropoles" historiques. Si les hommes circulent de plus en plus difficilement, les oeuvres et idées devraient dépasser les obstacles, selon les volontés des décideurs que nous sommes.

 

 

kg

 

A lire :

 

LE MONDE DES LIVRES du  04.12.08  de Catherine Rousseau qui reprend notamment :

"Lyonel Trouillot : "Il ne faudrait pas que ce Congrès devienne une arme aux mains des intellectuels tourmentés antillais pour obtenir plus de pouvoir, de reconnaissance ou d'argent de la part de la France. A ce titre, je pense que Cuba et Haïti ont un rôle déterminant à jouer dans cette aventure. Cuba parce qu'il a un avantage institutionnel sur les autres avec Casa de las Americas, qui est une vraie force de propositions. Et Haïti parce qu'il y a la population et l'ancienneté de sa littérature."

 

 

(1) Si les participants ont gardé un souvenir ému de cette rencontre, elle n'a pas pu tenir ses engagements, notamment la publication des actes. 

 

Extrait du dossier : A l’instar des écrivains noirs qui ont tenu leur 1er congrès en 1956 sous l’impulsion d’Alioune Diop, il semble nécessaire pour les écrivains de la Caraïbe de se rencontrer pour faire le bilan des littératures de la Caraïbe, de 1950 à nos jours, étudier les points de convergence et établir les perspectives pour les années à venir. L’histoire a retenu l’organisation du Congrès des Écrivains Noirs en 1956 et a rendu hommage, 50 ans après, à cette initiative qui a bouleversé les données des littératures de l’Afrique, de la Caraïbe et de l’Amérique du Nord. Le contexte d’aujourd’hui est totalement différent.

 

 

Nous sommes, en effet à l’heure de la mondialisation, de « l’affaiblissement des idéologies » et de la remise en question des mouvements littéraires qui ont jalonné le XXème siècle. Certains vont jusqu’à parler de la fin de l’histoire et du post modernisme. Pourtant, l’histoire continue et avec elle son cortège de questions et ses brouillons de réponses.Plus que jamais, les littératures du monde tentent de sonder le sens de notre présent malgré les imprévisibles et les multiples éclats du chaos. Nous habitons désormais le champ de l’incertitude. Cela stimule les imaginaires et en particulier les créations littéraires.

La Caraïbe dans le concert mondial souffre de nombreux cloisonnements hérités du colonialisme tout en s’enrichissant de la diversité des parcours historiques et des productions culturelles. En raison de cet état de fait, la crise actuelle des repères civilisationnels exige d’elle une pensée à la hauteur des défis contemporains.

 

 

Les langues, l’organisation des voyages, les statuts politiques vont souvent à l’encontre d’une unité pressentie mais jamais réalisée, mises à part certaines tentatives plus ou moins durables. En effet, au fil du temps, des littératures se sont élaborées en relation avec l’histoire de chacune des aires, mais trop souvent, elles n’ont pas eu l’occasion de dialoguer de manière féconde. Qu’en est-il des discours propres aux francophones, aux hispanophones, aux anglophones et aux créolophones ? Dans un monde de plus en plus mondialisé, la question mérite d’être posée afin de favoriser la construction d’une Caraïbe littéraire et solidaire sans pour autant occulter sa diversité incontestable.

 

 

Casa de las Americas, l’Université des West-Indies ont joué un rôle considérable en faveur de la promotion d’une Caraïbe littéraire qui reste encore à bâtir. Nul ne peut nier qu’aujourd’hui les lettres caribéennes ont donné naissance à des foyers, à des réseaux en dehors des territoires concernés au point que l’identité même de certains écrivains s’en trouve presque brouillée par les frottements avec des sociétés et des cultures différentes.On ne peut plus « enfermer » Aimé Césaire, V.S Naipaul, Edouard Glissant, Kamau Brathwaite, Maryse Condé, Nancy Morejon et tant d’autres dans leur île natale et leur « errance » même, oblige à repenser la notion de littéraire caribéenne.

 

 

Il est donc important de mettre en relation les différents aspects de cette littérature (ou de ces littératures) afin de déterminer les points de convergence et de prendre la mesure de leurs écarts. Il est également important d’essayer de comprendre ce qu’elle propose au monde en matière d’esthétiques et de discours littéraires. Il est enfin capital d’entrevoir ce que les écrivains peuvent construire ensemble, par delà les inévitables « solitudes » de l’acte de création. A travers nos imaginaires, nous sommes porteurs de valeurs et riches d’une identité mosaïque. L’heure est venue d’initier une réflexion commune pour nous doter des outils intellectuels et matériels largement ouverts au champ de l’avenir.

 

Des questions aussi fondamentales que l’édition, la diffusion, la traduction méritent d’être traitées par l’ensemble des acteurs et opérateurs de la Caraïbe. De leurs réponses, dépendra le degré de maîtrise qu’il nous appartient d’atteindre. Les thématiques, les écritures, les mises en scène projettent une vision complexe de nos réalités culturelles et existentielles. Autant d’aspects que nous devons examiner pour harmoniser les différentes expressions de notre rapport à la littérature. C’est la raison pour laquelle le Conseil Régional a pris l’initiative d’organiser du 25 au 28 novembre 2008, en Guadeloupe, le 1er Congrès international des écrivains de la Caraïbe

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Commentaires (1)Add Comment
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Par Marie-Annette, décembre 09, 2008
Bonjour!
Je viens d'écrire une autobiographie "DANS LES GRIFFES DE L'INCESTE" aux Editions Bénévent. Une histoire vraie qui relate mon enfance dans une société pleinne de supestitions et de préjugés souvent néfastes aux enfants qui sont confrontés à cela. L'inceste est tabou mais je raconte comment il a forcé les portes de mon enfance avec brutalité. Un témoignage qui vaut d'être connu...de tous ceux et celles qui se posent encore des questions... Je suis guadeloupéenne, née aux Abymes. Je regrette de n'avoir pas été informée de ce congrès à tant...En effet je suis domiciliée en Martinique. Je félicite l'initiative de ce genre de manifestations...Je souhaiterai savoir si en Martinique il existe une action similaire...Merci de votre attention Marie-Annette.

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