A lire ou à écouter

Maryse Condé se confie

Extrait d'un texte et enregistrement sonore qui reviennent sur sa position d'écrivaine.

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« [... ] A la parution de chacun de mes livres,  j’éprouve ces sentiments contradictoires. Ma carrière est déjà longue : de Hèrèmakhonon (1976) où je traitais de l’échec des révolutions en Afrique à Les belles ténébreuses (2008)* où je parle de l’intolérance et de la confusion du monde autour de nous. Je me suis acquis une réputation d’écrivaine qui ne mâche pas ses mots. Elle est méritée, car je veux écrire des textes qui dérangent le lecteur et au risque de lui déplaire, le forcent à regarder en face certaines réalités, à admettre certaines vérités qu’il préférerait se dissimuler...

En même temps, ainsi que le déclare Gabriel García Márquez, et je n’échappe à cette règle, l’écrivain écrit pour être aimé. Du plus grand nombre.  De tous. Il rêve autour de lui et de son œuvre d’une adulation unanime dont témoigneraient des masses de prix littéraires, des récompenses de toutes natures, les sourires et les flatteries des lecteurs aussi bien que des journalistes.  Comment concilier ces ambitions difficilement conciliables? Car plaire signifie trop souvent tourner le dos à la dureté du réel, l’embellir ? Comment séduire tout en refusant d’adhérer à une vision lénifiante et douceâtre de la réalité ?

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Victoire, ein Frauenleben im kolonialen Guadeloupe

De nombreux romans de Maryse Condé ont été traduits en 12 langues. Parmi les derniers parus en langue étrangère a vu le jour la traduction de « Victoire, les saveurs et les mots » en allemand (« Victoire, ein Frauenleben im kolonialen Guadeloupe », paru en janvier 2011).  Nous avons donc choisi, avec l'autorisation de son éditeur allemand de publier durant ce mois de mai chargé en commémoration de l'abolition de l'esclavage un extrait de « Victoire, ... » qui aborde la question de la relation Noirs/Blancs, autrement dit, du racisme, thème récurrent dans les écrit de Maryse Condé.

Extrait à écouter (en allemand) avec l'aimable participation de Ineke Phaf-Rheinberger

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(seite 183)
[ ...] Eine Woche später war es an Boniface, Victoire in seinem
Cleveland in die Rue de Condé zu fahren. Die Truhe mit
ihren Habseligkeiten lud er sich wie ein Lastenträger auf
die Schulter. Das Auftauchen des Cleveland hatte in dem
ruhigen Viertel dieselbe Wirkung wie seinerzeit in Le Moule:
Die Leute traten auf die Balkons oder vor die Türen, um den
Boliden zu betrachten. Sie hatten Grund zum Staunen. Was
hatte dieser weiße Kreole bei den Boucolons zu suchen? Wer
war diese Mulattin, die ihn begleitete? Jeannes Mutter? Sie
sah aus wie eine Frau von den Saintes-Inseln. Kam sie aus
Terre de Haut? Der Reigen der Gerüchte begann sich augenblicklich
wieder zu drehen.

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