Par Gens de la Caraïbe

Par Gens de la Caraïbe

Appels à contribution

dlephine ulric gervaiseChers membres et sympathisants de Gens de la Caraïbe, chers citoyens concernés

Gens de la Caraibe prépare sa deuxième lettre d'information Ici et là-bas devenue trimestrielle.
Avril, mai et juin sont des mois rythmés par les événements commémoratifs mais aussi de réflexion autour de l’histoire des traites, des esclavages.

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Mot de la présidente 2014

Antiope Dambury Sambin 2014
Photo : de g. à d., Gerty Dambury, Nathalie Antiope, Véronique Hermann Sambin.

GENS DE LA CARAIBE - ASSEMBLEE GÉNÉRALE 2014 - MOT DE LA PRESIDENTE

Gens de la Caraïbe, l’association est née 7 ans après qu’un million  d’ordinateurs se sont connectés au WEB (OU WORLD WIDE WEB) en 1990 mais aussi un an après la naissance de Google, un  des géants d’internet avec Apple (1976), Facebook (2004) et Amazon  (1994) (les quatre réunis communément sous le nom de GAFA)

Aujourd’hui chacun crée son propre chemin d’accès à la connaissance, la dimension asymétrique et impersonnelle de l’audiovisuel vole en éclats,  fragilisant les repères traditionnels dans la sphère publique, notamment. Les intermédiaires sont menacées dans leur existence, aussi bien les journalistes que les métiers liés à la culture (Amazon s’est donné comme objectif de supprimer tous les métiers qui séparent l’acheteur du produit, notamment, les éditeurs, les libraires, les diffuseurs ..).

La liste des mutations dans cette ère numérique est sans fin.

Pourtant, il ne s’agit pas d’en avoir une vision machiavélique mais, tout en restant « véyatif » de saisir les opportunités pour le monde culturel de continuer à  vivre de sa pratique en tenant compte des changements d’habitudes.


Ainsi au cœur du projet KAMACUKA lancé en 2013, cofinancé par Interreg Caraibes, mené par Gens de la Caraïbe-Guadeloupe, un des objectifs sera de trouver un modèle économique pour les porteurs de projets culturels pour ne pas rester en marge de ces grands changements.

Dans le projet KAMACUKA, Gens de la Caraïbe (appelée nationale pour la distinguer de la structure autonome en Guadeloupe) apportera une partie du contenu de son Guide papier**, remis à jour, traduit et organisé dans un site Web indépendant de notre site actuel, tout en adoptant une attitude prudente concernant les données personnelles**.

Gens de la Caraibe a été un des premiers à mettre en ligne des actualités culturelles caribéennes contemporaines, publier des regards critiques avec l’appui de deux salariés.

Aujourd’hui les contributions extérieures seront accueillies, en reprécisant les objectifs et valeurs de Gens de la Caraïbe.

Gens de la Caraïbe n’est pas un site Web, il s’appuie sur une association de personnes concernées par la Caraïbe.

C’est un noyau d’adhérents engagés, fidèles et nouveaux de GENS DE LA CARAIBE qui nous nous font confiance, qui aujourd’hui animent leur réseau personnel via les réseaux sociaux et permettent ainsi de donner à nos publications une place encore plus importante dans les réseaux.

Les Gens de la Caraïbe continue à évoluer sur le Net grâce à vous et nos partenaires institutionnels***,  merci !

Nathalie Antiope
Présidente de GENS DE LA CARAIBE

*Le Guide de la Caraibe culturelle, coédité avec Vents d’ailleurs, en version papier constitue un ouvrage unique et une version augmentée des autres territoires est inenvisageable en raison des couts de production et de diffusion, mais aussi de la crise du livre qui s’annonce, après celle du disque, dans notre ère résolument numérique.

**L’association a décidé de migrer son site www.gensdelacaraibe.org qui contient une importante base de données sélectionnée vers un hébergeur allemand et de quitter son hébergeur américain chez qui nous étions quasiment depuis notre création.
De même, nous avons choisi de ne plus proposer de liens sponsorisés pour ne pas orienter nos internautes vers des choix trop guidés par ses actions passées sur la Toile.
Gens de la Caraïbe n’utilise plus Google statistics, outil de sondage des pages visitées  installant des cookies chez nos visiteurs, à titre d’expérimentation.


***En 2011, le ministère de l’Outre-mer, du Conseil régional de Guadeloupe, la DAC 972 nous ont fait confiance pour la mise en ligne du Guide

Nous recommandons :
La condition numérique de Jean-François Foger et Bruno Patino.
Essai,  Grasset, Paris, avril 2013

A consulter également, les articles de Pierre Bellanger et Gilles Babinet sur le numérique et la compétition internationale qui s’impose à nous


Édito - Ici et là-bas - 2014/2015 nous y sommes !

dapper 2014 manger

Pris que nous sommes dans nos responsabilités quotidiennes, nous parviennent des propositions artistiques qui nous invitent, nous permettent de prendre du recul, de mieux penser, appréhender notre environnement et le sens que nous donnons à nos vies.

Ainsi Gens de la Caraïbe se propose avec ses partenaires de repérer quelques événements, quelques projets engagés pour rendre notre vie plus vivable.

Le musée Dapper d’année en année nous ouvre les portes à des expositions passerelles entre les acquis de l’humanité et les interrogations contemporaines, passerelle entre l’Afrique et la Caraïbe mais aussi l’Europe. Liens tout au long de l’histoire jamais interrompus. « L’Art de manger - Rites et traditions » démarre le 15 octobre 2014. Une visite guidée sera prochainement programmée.
Vous remarquerez la dernière pièce de Gerty Dambury , Des doutes et des errances, programmée le 31 janvier dans l'amphitéâtre du musée et surtout les 17 et 18 octobre 2014 à L'Artchipel en Guadeloupe.

L’Artchipel en Guadeloupe, Scène nationale, démarre sa saison avec Kan’ Nida, le groupe de percussion et chants qui a fait des veillées traditionnelles son langage.

Notre artiste de l’année, Sébastien Jean, rejoint l’exposition au Voir Haiti autrement - (co) opération au Grand palais, du 19 novembre au 15 février 2015.

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EDITO 411 - VAVAL 2015

Gabourg VAVAL 2015 2Jouvay Ayiti, mas (groupe à pied) de Trinidad & Tobago, fort de ses expériences est convaincu que le carnaval est la lingua franca (la langue commune) de la Caraïbe.

Nous les rejoignons sur cette idée en précisant que la créativité, la capacité d'autodérision et la critique de la société  font aussi la force du carnaval.

D'autres pays dans le monde pratiquent aussi ces jours gras dans le même état d'esprit et cette année, la critique du terrorisme a été censurée dans la ville de Cologne (Allemagne) par mesure de sécurité suite aux attentats du 07 janvier 2015 à Paris.

Jouvay Ayiti avait en 2013 utilisé sa force d'engagement pour dénoncer la volonté du gouvernement dominicain de retirer aux citoyens originaires d'Haïti leur nationalité dominicaine.

Le carnaval est aussi un engagement citoyen dans toute sa diversité.

 Karole Gizolme

Dessin : Gabourg, dessinateur de presse, 2015.

* "Mafia, tu te souviens , quand j'étais petit, tu me faisais peur !! - Ce n'était pas moi ! "
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Édito 409 : Mémoire de l’esclavage et ambivalence

dumas

dlephine-ulric-gervaiseQuel est le mois le plus chargé culturellement en Guadeloupe, Martinique ? Certainement le mois de mai en raison des abolitions de l'esclavage et des nombreux jours fériés (armistice et fêtes chrétiennes). L'État, la religion chrétienne et la fin de la tragédie humaine la plus longue de l'histoire de l'humanité sont revisités le même mois. Et en 2014, il faut y ajouter l'Europe, avec les élections européennes ! Drôle de coïncidence ... Ces trois premiers thèmes concernent aussi de bien de nombreux pays occidentaux (du Portugal à la Suisse) que toute l'Amérique.

Le Brésil sera le dernier pays à abolir l’esclavage (13 mai 1888) mais les commémorations restent circonscrites dans le Nordeste et le sujet encore trop tabou, nous confie Béatrice Mellinger, artiste martiniquaise, membre de Gens de la Caraïbe, résidant et travaillant au Brésil. La France incarnerait donc le premier pays européen à lever le voile sur quatre siècles d'histoire longtemps oubliée voire niée.

L’Etat français en particulier, depuis 9 ans, commémore le 10 mai, la mémoire de l’esclavage et de son abolition. Alors que le gouvernement tient à marquer cette période de l’histoire, en 2014 une commune et pas n’importe laquelle, Villers-Cotterêts, celle qui abrite la tombe du Général Dumas, et désormais dirigée depuis mars dernier par l'extrême-droite, a tout simplement refusé de commémorer cette date, inscrite les années pécédentes au calendrier.

Telle est la situation ambivalente dans laquelle nous nous trouvons : l’absence de consensus national sur la nécessité de commémorer une tragédie qui a duré près de quatre siècles.  Pour mémoire, le 10 mai* a été la date choisie en rappel de la loi qui a été adoptée en France le 10 mai 2001 et qui « reconnaît la traite et l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. » Elle correspond également à la « proclamation à l’univers entier » le 10 mai 1802 du colonel d’infanterie Louis Delgrès : « le dernier cri de l’innocence et du désespoir » à l’approche des troupes de Richepance venues rétablir l’esclavage en Guadeloupe.

 

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