« Ayiti » ou les raisons d’espérer de Daniel Marcelin - Tournée en Guadeloupe et Martinique

Véritable défi pédagogique et artistique, la pièce de théâtre Ayiti de Daniel Marcelin présentée en janvier 2011 à L'Artchipel, pose là l’interrogation quintessentielle qui taraude Haïtiens et amis d’Haïti. Comment la première république noire et le 2e pays à s’émanciper du joug du colonisateur après les États-Unis dans cette région, est-il devenu le pays au revenu par habitant le plus bas des Amériques même s’il concentre une grande richesse sur le plan historique et culturel ? Daniel Marcelin choisit l’angle didactique et interprète en plus de son propre rôle, tour à tour, gouverneur, empereur, roi, présidents et autres chefs d’État, qui ont dirigé le pays depuis le face à face de Toussaint Louverture et Napoléon jusqu’à Jean-Claude Duvalier dit Baby Doc, par ailleurs actuellement sous le feu des projecteurs depuis son retour inopiné en Haïti le 16 janvier 2011. Endosser la casquette de personnalités aussi hallucinées – des mégalomanes déjantés, dictateurs sanguinaires, analphabètes ou lettrés, mulâtres ou noirs matant les paysans cacos, matant les plus démunis, matant toute velléité de rébellion ;  tous ou presque lucides sur leur fonction suprême : « vider les caisses de l’État et partir ! » – n’a sans doute pas été de tout repos pour Daniel Marcellin dont nous saluons la performance.


La pièce s’ouvre sur l’annonce dans les médias du séisme du 12 janvier 2010. Miné dans un premier temps par une angoisse exponentielle, le comédien reclus dans une chambre à Bruxelles, cherche à obtenir des nouvelles de sa femme, de ses enfants. Passées les premières 24 heures mortifères, il obtient au bout du fil des paroles rassurantes de ses proches qui coïncident amèrement avec le dénombrement innombrable des cadavres et du très lourd bilan matériel. Partout les mêmes questions. Pourquoi tant de morts là où ailleurs un séisme de cette amplitude aurait causé dix à cent fois moins de victimes ? Les causes trouvent-elles leur source dans une quelconque malédiction immémoriale ou découlent-elles de l’appréciation historique de tous ceux qui, depuis 1804, ont occupé les rênes du pouvoir ? Étant entendu que s’il s’agit principalement de mal gouvernance, alors il y a des raisons d’espérer…

L’exercice loin d’être aisé, si tant est qu’il s’agisse d’un exercice ou plutôt d’une catharsis dramaturgique, est planté dans un décor minimaliste composé de bagages et peu d’apparats, entrecoupé par des chants et musiques populaires et traditionnels. Et pourtant, Daniel Marcelin réverbère le temps de la pièce, une gamme d’émotions allant de la tristesse, au malaise, en passant par la colère, l’empathie et les rires.

 

A.N.


Dates de la tournée CEDAC pour « Ayiti » en Guadeloupe
- Mardi 8 février, Les Abymes, Lgt Baimbridge, animation scolaire, 14h10.
- Mardi 8 février, Pointe à Pitre, Campus de Fouillole, Amphithéâtre Merault, 18h30, tous public. Tarif : 5 €
- Mercredi 9 février, Maison d'arrêt de Basse-Terre, 14h30.
- Jeudi 10 février, Le Moule, Salle Robert-Loyson, 14h séance scolaire / 20h tous public,
Infoline : 0590 23 11 91. Tarif adulte : 10 € et enfant : 5 €, scolaire 2 €
- Vendredi 11 février, Port-Louis, Beauport-Pays de la Canne, 9h 30 séance scolaire / 20h tous public,
Infoline 0590.22.44.71 Tarifs : 4 € scolaire, soir : 15 € adulte  -  10 € enfants
- Samedi 12 février, Sainte-Rose, Salle Louis-Daniel Beauperthuy. 19h tous public, infoline 0590 28 08 15.
Tarif adulte : 10 € et enfant : 5 €

- Mardi 15 février, Pointe-à-Pitre, Salle Georges-Tarer, 9h30 et 14h30, scolaires, infoline 05 90 82 79 78.
Tarif scolaire : 5 € / Réservation scolaires : José Henri 0590 48 23 08.

- Mercredi 16 février, Centre pénitentiaire de Baie-Mahault, 14h30.

- Mercredi 16 février, Pointe -à-Pitre, Salle Georges-Tarer, 20h, tous public, infoline 05 90 82 79 78 Tarif : 12 €
- Jeudi 17 février, Le Gosier, Théâtre de Verdure, 19h, plein air, tous public.

Retrouvez Daniel Marcelin et le Cedac dans le Guide de la Caraïbe culturelle 2010

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