Premier bilan du festival 2007

Batucada dans les rues parisiennes pour l'ouverture du festival © g. roujasLa deuxième édition du festival Influences Caraïbes s’est déroulée du 20 octobre au 17 novembre 2007 dans divers lieux parisiens. Pour sa deuxième édition, il a été plus ambitieux et plus complet. Pendant un mois, du nord au sud de Paris, le festival a proposé au public parisien de découvrir ou redécouvrir la richesse de la création caribéenne loin des représentations exotiques. Rassemblant plus de 60 intervenants, le festival a fait de Paris une capitale caribéenne le temps d’un automne. Une programmation diversifiée

En organisant le festival Influences Caraïbes, nous avions d’abord pour objectif de mettre en valeur la création contemporaine de la Caraïbe sous toutes ses formes. Ainsi, pendant un mois, les parisiens ont pu découvrir les influences caraïbes au travers des expositions, des conférences, du cinéma, concerts et des arts de la parole.

L’exposition a rassemblé 11 artistes plasticiens venant de la Caraïbe mais aussi du Canada et de Paris. Dans 6 lieux différents à la fois, l’exposition a été l’occasion de nombreux rendez-vous : un vernissage en promenade au son d’une batoucada entre Montmartre et Château Rouge, une soirée slam à la Bellevilloise, une performance de Yane Mareine à la Dynamo de Banlieues bleues, une semaine autour d’Haïti aux Souffleurs avec Barbara Prézeau et ses invités.

Les arts de la parole ont été présents tout le long du festival : en amont du festival pendant 3 semaines,  avec les ateliers au centre de loisirs de la rue Danrémont où 24 enfants de CM1 ont pu découvrir les contes antillais grâce au collectif de conteurs Ti Woch récemment créé ; dans le cadre de l’exposition avec les créations d’Audrey Smith, Charles Piquion  et Marie-Georges Compper enregistrées à la Villette ; au travers les ateliers créales martiniquais, guadeloupéens et guyanais ; en ouverture du festival avec les soirées Slam organisées par Säb Vadeleux ; en clôture du festival avec les performances d’Igo Drané et Marie-Georges Compper à la Halle aux Oliviers de la Bellevilloise.

Le cinéma était également présent cette année. Tout d’abord, nous voulions faire un état des lieux de la création cinématographique mais surtout favoriser la diffusion de celle-ci. C’est pourquoi nous avions lancé un appel à courts-métrages pour lequel nous avons reçu une douzaine de films. Les 2 meilleurs aux yeux du comité de sélection ont été diffusés en première partie de la soirée du 5 novembre au Mk2 Quai de Seine lors de laquelle nous avons également montré le documentaire de Tigguy « L’appel du Bukut ».

Nous avons également abordé le thème l’homosexualité, tabou dans le Caraïbe,  en programmant le documentaire d’Anne Lescot et Laurence Magloire « Des hommes et des dieux » et les courts films de la réalisatrice trinidadienne Inge Blackman « Paradise Lost » et « Legacy ». Ces films ont été suivis de débats avec Anne Lescot et Louis Georges Tin.

Les conférences ont remporté un grand succès notamment les deux conférences en soirée. La conférence « Créole, créolité et créolisation » organisé à la Maison de l’Amérique latine et la conférence sur « Les présences caribéennes en Europe » à la Cité nationale de l’Histoire de l’Immigration ont rassemblé une cinquantaine de personnes chacune et ont donné lieu à un débat d’une grande qualité et d’une grande richesse.


Les concerts ont terminé le festival avec 5 soirées au Divan du Monde et à La Bellevilloise. Nous avions programmé des artistes de toutes générations et de tous styles afin de donner une vision la plus large possible de la création musicale caribéenne aujourd’hui. Aussi, nous avons eu du jazz avec Xavier Harry, Iguane Xtet et Bibi Louison, des rythmes plus traditionnels avec Dédé Saint Prix, Makaïa et Prince Koloni qui nous a aussi offert du reggae, de la musique fusion avec Tour de Babel et Chris Combette et de la pop latine avec Gabriel Rios. Les concerts ont été un succès grâce à la qualité des musiciens qui ont su donner le meilleur de leur musique malgré le peu de public ayant réussi à braver les grèves. Il nous importait de sortir la création caribéenne des lieux clichés estampillés « musiques du monde » ou « musique caribéenne » en les amenant sur des scènes de diffusion généraliste. Programmer ces groupes de talents mais qui n’ont pas énormément d’opportunités de diffusion était un vrai challenge pour notre association mais c’est là que réside le cœur de notre action : permettre à des grands noms qui restent trop souvent dans les circuits confidentiels d’être exposés de manière significative sur des scènes parisiennes.

La création au cœur du festival 

Cette année dans le cadre d’Influences Caraïbes, nous avons réussi à donner sa place à la création dans le domaine des arts plastiques mais également des arts de la parole. Nous voulions que le festival ne soit pas seulement une vitrine mais, à son niveau, un laboratoire de la création contemporaine caribéenne.

Nous avons accueilli pour une résidence de création de 3 semaines les artistes haïtiens Maxence Denis et André Eugène. Au CAES à Ris Orangis, ils ont travaillé avec Christian Lecomte à une sculpture commune dans laquelle étaient intégrées les vidéos de Maxence Denis. Cette création a été exposée du 8 au 20 novembre à La Dynamo de Banlieues Bleues à Pantin. Pendant la résidence, la chanteuse Yane Mareine et le guitariste Benoit Capon ont travaillé à un commentaire en musique de cette œuvre qui a été présenté au public lors du vernissage du 8 novembre.

L’exposition a aussi permis la rencontre entre plasticiens et conteurs qui ont écrit des textes en réaction aux œuvres plastiques. Audrey Smith vs Phil Ecanvil ; Charles Piquion vs Robert Charlotte ; Yane Mareine vs Maxence Denis et André Eugène. Les textes ont été enregistrés à la Villette qui a bien voulu mettre à notre disposition ses studios et étaient en libre écoute à la Galerie Cargo 21 et au Rendez-vous des Amis.

Un public impliqué

Afin de faciliter les rencontres avec le public, nous nous sommes attachés à dessiner un véritable parcours dans Paris et à nous ancrer dans le territoire en sortant des lieux institutionnels. Aussi, les artistes de l’exposition ont été exposées dans une galerie, des cafés  et une salle de concerts sur des territoires différents afin de toucher un public le plus large possible. Nous avons essayé d’impliquer le plus possible les publics en distribuant des « passeports » du festival – forme de questionnaire ludo-pédagogique, en organisant des ateliers et rencontres dans les différents lieux : café littéraires, ateliers de créoles …  Nous avons également voulu impliquer toutes les générations notamment les plus jeunes en mettant en place au centre de loisir de la rue Damrémont des ateliers de découvertes du conte antillais.

Le festival a du toucher sur l’ensemble de sa durée environ 3000 personnes mais les grèves ont fortement affecté la fréquentation du festival. Cependant, une des réussites du festival est d’avoir touché aussi bien un public antillais qu’un public plus parisien moins connaisseur et également  des générations différentes.
   
Un festival fédérateur

Enfin, nous avons voulu travailler avec des artistes issus de toute  la Caraïbe et ses diasporas : des Antilles françaises mais également de Trinidad ou du Canada sans oublier les régions souvent mal connues comme Haïti et la Guyane ou le Surinam. Pour cela, nous nous sommes efforcés de fédérer les compétences en rassemblant autour de notre festival de nombreuses associations et structures culturelles qui ont participé à la mise en place du projet : la fondation AfricAmericA à Port au Prince, la Distillerie à Fort-de-France, Gens de la Caraïbe, le collectif de conteurs Ti Woch, le Collectif 2004 Images…

Les partenaires ....
institutionnels
Ministère de l'outre-mer, l'Acsé, Région Guadeloupe, Région Martinique, Ville de Paris, Ministère des Affaires étrangères, UNESCO
privés
Air France, RATP, Cart'com, la distillerie, le divan du monde,la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, le CAES, AfricAméricA, la Bellevilloise
medias
France bleue, Mondomix, Gens de la Caraïbe, Africultures

Contacts

Comptant 25 adhérents et basé à Montmartre, Le cri du peuple a été créé pour réunir professionnels et amateurs autour de projets artistiques et culturels. Il est porté par une véritable volonté d’ouverture, de diversité et de promotion de toutes les formes d’expression culturelle et artistique. L’objectif est de promouvoir le développement de projets artistiques, culturels, sociaux et politiques dans des lieux originaux, de toucher un public le plus large possible et que ces rencontres soient toujours inattendues et sources de réflexions et de débats. Le cri du peuple a déjà porté des projets de grande ampleur comme la première édition du festival Variations Caraïbes. L’association est aussi à l’origine du festival de films Etats d’urgence en partenariat avec les cinémas Mk2 dont la deuxième édition qui s’est terminée le 12 décembre dernier en présence de Bertrand Tavernier, a réuni plus de 200 spectateurs. Association du 18ème arrondissement parisien, Le cri du peuple mène également des actions locales avec des concerts hebdomadaires, des expositions, un concours de nouvelles…

Le cri du peuple
prés. Audrey Célestine
23, rue Gabrielle   
75018 Paris
01 42 64 58 22
www.lecridupeuple.com
www.influencescaraibes.com


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Le bilan avec photo et extrait de revue de presse

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