Obsèques de Gérard Barthélémy

Gérard Barthélémy - Limoges 2004 © kg-gdcGérard Barthélémy est décédé des suites d'un cancer dans l'après-midi du jeudi 02 août 2007 dans l'Oise (nord de la France) dans sa 73° année. Gens de la Caraïbe et le Collectif 2004 Images s'associent à la douleur de sa famille, de ses nombreux amis et collègues.

Les obsèques auront lieu le lundi 06 août en l'église de Saintines, près de sa maison, à 15h.

Départ: Gare du Nord Arrêt: Longueil Sainte Marie
Des fleurs blanches seraient appréciées.


Anthropologue, homme de terrain spécialiste d'Haïti et apprécié pour ses grandes connaissances et son humanisme, Gérard Barthélémy a encouragé, initié de nombreux projets pour le développement d'Haïti. Lire son portrait

Gérard Barthélémy a été un des premiers à encourager et soutenir Gens de la Caraïbe et le Collectif 2004 Images. Il a été également membre des Anneaux de la mémoire, du Collectif Haiti de France, ...

Lire Les années Maroc de Gérard Barthélémy vues par Philippe Guillot

Lire l´article d´Alterpresse : Son long séjour en Haïti a fait de lui l’un des nombreux admirateurs du pays et de sa culture

Lire l´article de Radio Kiskeya : Décès de l’économiste et anthropologue français Gérard Barthélémy. Un grand ami d’Haïti

REACTIONS

Danyel Henrys et l’équipe du GRET/HAITI

« Penser en homme du sud », Gérard avait accompli cet exploit et nous avait invité à partager la richesse de sa pensée, son originalité et son humour dévastateur. Des « Lakous » du Sud-Est aux bidonvilles de Port-au-Prince, de la coopération décentralisée à l’accès aux services de base  des plus défavorisés, il nous a mené, en véritable idéologue d’un développement de la réciprocité et du respect, sur le chemin de l’ innovation et du succès.

« Penser en homme du sud », cette idée extraite de son livre « Splendeur d’un après-midi d’histoire » donne une idée de la profondeur du personnage qui vient de nous quitter. Il ne s’agissait pas chez lui, de cette pitié condescendante, de cet assistanat réducteur. Non, bien au contraire, la pensée et l’attitude de Gérard transcendaient son interlocuteur dans une complicité dévastatrice mais pleine d’amour et de poésie, pleine d’une tendresse dont les Haïtiens furent des bénéficiaires privilégiés. Homme de conviction, il supportait pourtant la contradiction, la recherchait même.

« Penser en homme du Sud », car il ne suffit pas de déclarer la compassion ou la solidarité, il faut pouvoir comprendre l’autre et se mettre à sa place. La vie est faite de choix, Gérard a fait les siens à la hauteur de son intelligence. Anthropologue iconoclaste, il a fait, avant bien d’autres, de sa réflexion une action en initiant tant de projets à travers le monde.

Gérard était un guide, le guide d’un monde accepté dans sa complexité, d’un monde d’hommes fragiles où l intelligence aurait permis de les comprendre faute de leur pardonner.

Nous avons eu la chance de partager avec lui cette aventure du GRET. Il en a été le promoteur, le père spirituel. Conscient que le « pays en dehors » était aussi en plein Port-au-Prince, dans ses nombreux quartiers défavorisés, Gérard a fortement contribué à la mise sur pied en 1995  du projet d’adduction d’eau potable dans ces quartiers. Projet qui est devenu programme et a été à l’origine du GRET/HAITI. Nous ne sommes qu’à moitié orphelin car le sourire de sa malice brillera à jamais dans nos cœurs.

Nous partageons la tristesse de la famille et des proches de Gérard. Nous sommes aussi fiers de l’avoir eu comme membre de notre grande famille du GRET /HAITI.
 

« Penser en homme du sud », Gérard avait accompli cet exploit et nous avait invité à partager la richesse de sa pensée, son originalité et son humour dévastateur. Des « Lakous » du

Sud-Est aux bidonvilles de Port au Prince, de la coopération décentralisée à l’accès aux services de base  des plus défavorisés, il nous a mené, en véritable idéologue d’un développement de la réciprocité et du respect, sur le chemin de l’ innovation et du succès.

« Penser en homme du sud », cette idée extraite de son livre «  Splendeur d’un après-midi d’histoire » donne une idée de la profondeur du personnage qui vient de nous quitter. Il ne s’agissait pas chez lui, de cette pitié condescendante, de cet assistanat réducteur. Non, bien au contraire, la pensée et l’attitude de Gérard transcendaient son interlocuteur dans une complicité dévastatrice mais pleine d’amour et de poésie, pleine d’une tendresse dont les Haïtiens furent des bénéficiaires privilégiés. Homme de conviction, il supportait pourtant la contradiction, la recherchait même.

« Penser en homme du Sud », car il ne suffit pas de déclarer la compassion ou la solidarité, il faut pouvoir comprendre l’autre et se mettre à sa place. La vie est faite de choix, Gérard a fait les siens à la hauteur de son intelligence. Anthropologue iconoclaste, il a fait, avant bien d’autres, de sa réflexion une action en initiant tant de projets à travers le monde.

Gérard était un guide, le guide d’un monde accepté dans sa complexité, d’un monde d’hommes fragiles où l intelligence aurait permis de les comprendre faute de leur pardonner.

Nous avons eu la chance de partager avec lui cette aventure du GRET. Il en a été le promoteur, le père spirituel. Conscient que le « pays en dehors » était aussi en plein Port-au-Prince, dans ses nombreux quartiers défavorisés, Gérard a fortement contribué à la mise sur pied en 1995  du projet d’adduction d’eau potable dans ces quartiers. Projet qui est devenu programme et a été à l’origine du GRET/HAITI. Nous ne sommes qu’à moitié orphelin car le sourire de sa malice brillera à jamais dans nos cœurs.

Nous partageons la tristesse de la famille et des proches de Gérard. Nous sommes aussi fiers de l’avoir eu comme membre de notre grande famille du GRET /HAITI.

Madison Bell
Gérard Barthelemy died on August 2nd in the midst of his family at his home in Verberie, France.  A diplomat, anthropologist, carpenter and writer, Barthelemy was well known, admired and loved by Haitians and many of those who travel there.  A Frenchman by birth, he was pleased and amused to be cited (by happy accident from time to time) as one of the most important Haitian authors.  His works include "Le Pays en Dehors" and "Dans La Splendeur d'un Après -Midi d'Histoire".  His was a spirit too quick and lively for any bottle to contain.  To quote from a post from Adrien Bance: Que la terre lui soit légère!


Yves Chemla :
Nous nous sommes rencontrés pour la première fois en 1983, à Camp-Perrin. Notre conversation, qui s'est ouverte alors dans la nuit haïtienne, sur la question des logiques de traces, sur la dissémination, sur l'indécidabilité du sens, l'entre-deux, le pas-de-côté, la transformation culturelle, l'hybridité... s'est poursuivie ensuite pendant plusieurs années. Elle s'est approfondie lentement.

Gérard avait cette rare qualité d'aider son interlocuteur à aller plus loin dans sa propre pensée, c'est-à-dire à l'engager à comprendre et à communiquer à l'autre ce qu'il porte en lui, par l'exercice constant de la reformulation, dans l'entretien amical.

Auprès de lui, jamais on ne se sentait ventriloqué. Il avait l'art de la patience dans l'écoute. Avec lui, j'ai appris à dépasser le seul stade de la compréhension de la littérature haïtienne, par l'application de matrices conceptuelles données sur des réalités qui remettaient en cause, et de fond en comble, les cadres mêmes du questionnement. Gérard Barthélémy m'a appris à m'interroger sur ce
que cela veut dire, "connaître", "comprendre", "culture", à remettre en question et en jeu mes propres postures, comme ma propre histoire.
On ne le dira jamais assez, Gérard Barthélémy a été un très grand formateur. Jamais je ne me suis senti enfermé dans un rapport de maître à disciple, de disciple à maître, posture qui, je crois, l'horripilait. Et c'est aussi en puisant dans sa bibliothèque, qu'il a mise généreusement à ma disposition, que peu à peu, a été rendu possible mon propre travail de recherche.

Pendant longtemps, il aura été l'un des très rares à encourager et à mettre en valeur ces quelques travaux, et à les commenter, lors de nos rencontres, qui se sont espacées, malheureusement.

C'est peu d'écrire que je lui dois beaucoup. C'est peu d'écrire que je suis triste.


Jutta Hepke, Gilles Colleu, Vents d'ailleurs :

Avec une profonde tristesse, nous vous faisons part du décès de Gérard Barthélémy intervenu le jeudi 2 août 2007 entouré des siens.
Nous garderons en mémoire ses paroles et ses écrits. Ses multiples métiers (économiste, ethnologue, anthropologue et menuisier) l’ont conduit dans sa vie à adopter ce regard lucide et empathique sur l'être humain qui pour nous est exemplaire. Il nous a incité à interroger toujours et toujours nos certitudes et nos représentations de l'autre. Ses travaux, notamment sur Haïti, ont profondément influencés tant de chercheurs et d’écrivains. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, notamment Le pays en dehors (Henri Deschamps, 1989), Créoles-Bossales : conflit en Haïti (Ibis Rouge, 2001) et Haïti, la perle nue (Vents d'ailleurs, 1998).

[…] L'étude de ce pays [Haïti] où, comme l'a dit Césaire, pour la première fois, la négritude se mit debout, peut constituer […] un enseignement précieux pour notre démarche, tant vis-à-vis de l'avenir de nos propres sociétés que de nos rapports avec toutes les cultures de l'ailleurs. Gérard Barthélémy

Vents d'ailleurs doit à Gérard Barthélémy, ainsi qu'à Jean-Marie Bouvaist disparu en 1997, le socle intellectuel et éthique de sa démarche.
Ses idées resteront toujours notre guide.
Avec toute notre affection et amour pour sa famille et ses amis. 


Elikia M'Bokolo

Mes condoléances sincères à sa famille et à ses très nombreux amis.
C'est une perte douloureuse pour nous tous.



Diva Barbaro Damato, membre du jury du Prix Carbet de la Caraïbe

Chers amis, professeur à l'Université de São Paulo au Brésil, j'ai toujours été une grande admiratrice de l'oeuvre de Gérard Barthélémy, toujours présent dans mes bibliographies des cours de Littératures de la Caraïbe de langue française.
Au nom de mes étudiants et de moi-même, je vous rejoins dans vos hommages.


Allesandro Stella

Chers amis,

J'apprends par votre courriel la disparition de notre ami Gérard Barthélemy, qui m'affecte profondément. J'ai eu l'occasion, depuis une dizaine d'années, de le rencontrer lors de séminaires et colloques sur l'esclavage et le métissage, et à chaque fois, j'ai ressenti une sympathie et une empathie avec lui. Gérard faisait partie des rares gens très forts et très humbles à la fois, et qui ensoufflait dans l'air un goût de l'humain, un désir de fraternité.

Je lui rends hommage, en amitié.


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