« Waka Douvan Jou » un spectacle conté par la Cie Boukousou

Cie BoukousouVoici un conte rythmé de narrations et de rythmes sonores des Antilles d’Hier : cet antan-lontan où le gwo ka était langage de résistances et de transes. La Cie Boukousou de Max Diakok  présentait ce conte à la MJC-Club de Créteil, les 28 et 29 janvier derniers. Le public ? petits et grands réceptifs-véyatifs, pleins de cette complice interactivité. Fébrile. Transes de Résistance

Un conte pour tracer le passé :
Le conteur, Philippe Cantinol, nous emmène à Malaka, petite île imaginaire, aux temps des chaînes : « une île discrète comme une virgule au milieu d’un océan de mots ». Il choisit, par « coups de mots », de nous décrire le pouvoir de l’Arbre à sons qui donne un extraordinaire balan aux travailleurs de la terre. Parce qu’en ce temps-là, « le travail dictait sa loi… ». Les dos cassés-krazés se redressent et les voix s’élèvent, en mélopées vibrantes. Les pieds nus foulent le sol pour un sursis de répit. Les martèlements du ka sont promesses d’espérance : « leur seul réconfort était là ! ». Les sons du ka deviennent « des fruits nourrissant l’oreille et l’âme » pour « voltiger les hommes dans une transe irrésistible ». Hélas, le roi de Malaka, Compère Louwa, voit là une entrave à son ascendance souveraine. Furieux, il commandite la fin de l’Arbre à sons, pour que se taisent les tambours et les jours.

La force de l’oralité créole pour une « histoire aussi véridique que la Vérité » :
Relater une authenticité en confiant aux mots la suggestion de l’imagination : « ramasser des paquets de mots […] pour avoir la force de nous redresser ». Le conteur, Philippe Cantinol, nous livre sa voix et ses multiples tonalités : sentence, prière, coup de tonnerre, brise légère, sa voix porte en elle la Vie. Témoins de cette oralité vive, le public : « messieurs et dames », attentifs aux codes du conte antillais. Les apostrophes et onomatopées créoles, tout est prétexte à lier le public au conteur : « yé kri ! yé kra ! yé mistikri ! yé mistikra ! « , « est-ce que la cour dort ? – non, la cour ne dort pas ! ». Les tanbouyés remplissent cette même oralité : le conteur les qualifie de « passeurs de Parole ».

L’Histoire en scène :
Les narrations du conteur sont illustrées par des scénettes dansées et tambourinées. Les quatre comédiens humanisent ces ombres du passé en chants et en danses. Ils sont traducteurs d’un temps de survivance. Le gwo ka se fait acte de résistance. Leurs voix et leurs pieds secouent le licou du maître. Dans la danse, ils s’appartiennent. Enfin : « leur corps lui-même devint un tambou ka » relate le conteur.

 

La Cie Boukousou conte et chante une Pawol kréyòl survivante. Notre fil conducteur ? le conteur, « maître de la Parole ancestrale tournée vers l’avenir » (Max Diakok), guide le jeu vif des comédiens, polyvalents dans leurs expressions de chants et danses.

Extrait du spectacle - La « Prière d’un petit enfant nègre » (1961)  de Guy TIROLIEN (1917-1988) :
Seigneur, je suis très fatigué
Je suis né fatigué.
Et j’ai beaucoup marché depuis le chant du coq
Et le morne est bien haut qui mène à leur école.

Article de Véronique LAROSE
Lire l’article dans son intégralité  prochainement sur www.ecrit-creole.com

Informations complémentaires :
En savoir plus sur la Cie Boukousou et son directeur artistique, Max Diakok
Actualité à venir : La Cie  Boukousou participera  les 29 et 30 avril 2006, au Festival « Caraïbe-Afrique : entrelacs artistiques » à Créteil (94).
Contact :
Max DIAKOK
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