On a vu...

Cabaret MétisseCabaret Métisse, pièce de la Compagnie Aloé Théâtre, créée en Guadeloupe en résidence d'artistes, en représentation à Paris en octobre 2005. Saviez-vous que la lumière artificielle cause du tort à la communauté de lucioles ? A priori, l’information n’est peut-être pas aussi étonnante mais lorsqu’elle vous est dévoilée par deux paires de jambes - et donc quatre pieds très expressifs - la nouvelle prend une toute autre dimension. Bienvenus au Cabaret Métisse de Bénédicte Budan, une pièce de théâtre déjantée, n’ayons pas peur des mots, qui plonge le spectateur dans un univers inhabituel.
A partir d’articles de journaux véridiques, Magali Solignat et Sabine Boukobza passent au crible le monde de l’info dans une approche peu commune. Construit sous le mode de séquences, le spectacle offre néanmoins une harmonie qui mérite d’être soulignée. Est-ce parce que toutes les scènes ont en commun ce quelque chose de décalé, un élément, un accessoire ou un détail loufoque? On ne saurait dire. Dans tous les cas et par chance pour l’auditoire, la pièce ne tombe pas dans un assemblage de sketchs dépourvu de toute unité.
Le spectateur, s'il peut être surpris dans un premier temps, se laisse rapidement prendre au jeu, devient parfois même complice comme dans l’inimitable séquence du millionnaire où l’une des comédiennes descend des planches pour venir s’asseoir à nos côtés. Encore un peu et on s’y croirait presque.
Une comédie pétillante et qui touche aussi du doigt la surabondance médiatique. Glouton qu’il est d’information en tout genre, l’individu frôle l’intoxication et en arrive finalement à l’indifférence. Seule sur scène, Sabine Boukobza est là pour nous le rappeler : flanquée d’un nez de clown, un journal à la main, elle se contente de lire une succession de mots qui soudain retrouvent leur impact originel. La scène fait donc son effet même si à aucun moment dans cette pièce il n’est question de démagogie. Le ton est au divertissement et l’on frôle parfois la parodie (volontairement d’ailleurs) mais qu’importe, c’est tellement bien fait.
Pour sa mise en scène, Bénédicte Budan mise sur l’originalité : ambiance de cabaret et situations improbables servent au mieux le jeu des deux comédiennes qui investissent leurs personnages d’une énergie brute : rythme soutenu, performances vocales et même efforts physiques sont au rendez-vous. Un vrai concentré d’émotions que Sabine Boukobza et Magali Solignat nous transmettent avec générosité. Une pièce à voir pour se dérider la mâchoire à l’approche de l’hiver !
Anaïs JONES

Prochaines représentations : les 21 et 22 octobre à 20h au Lavoir Moderne Parisien - 35 rue Léon, 75018 Paris (M° Château Rouge) - Réservations : 01 42 52 09 14 - Tarif unique :12 euros
Invitation Adhérents : 1 invitation pour 2 personnes pour les adhérents de GDC.
Plus d’infos en page Actus >>
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